2006-06-09.jpgIl y a deux jours, l’Assemblée nationale a modifié son règlement intérieur sur la proposition de son président Jean Louis Debré. La perspective était prometteuse : commencer à doter l’opposition d’un statut. Malheureusement, le texte adopté ne fera pas date tant il juxtapose des dispositions qui n’ont rien à faire ensemble, tandis que ne sont que des demi-mesures.

Ainsi dans la prochaine législature, l’opposition ne pourra présider qu’une seule des 6 commissions permanentes. Soulignons d’abord combien cette limitation à six est devenue absurde. Leur composition est pléthorique (la commission des affaires culturelles, familiales et sociales compte 154 membres !). Leurs compétences sont trop variées, trop disparates pour être en mesure d’exercer pleinement leurs fonctions, notamment de contrôle. On a du mal à croire que l’équilibre des institutions serait menacé si le nombre des commissions passait à neuf ou douze…

Pour l’exemple, en RFA, il y a 22 commissions, et le SPD en préside huit, tout comme la CDU, deux revenant aux Verts, deux au FDP et deux au nouveau parti de gauche. Au Royaume-Uni, la Chambre des communes compte 39 commissions permanentes : la présidence de onze d’entre elles est confiée à l’opposition. Pourquoi ce qui est possible dans ces pays démocratiques ne le serait-il pas en France ?

2006-06-08.jpgVincent Bolloré a lancé mardi dernier « Direct Soir » qui se veut le premier quotidien gratuit du soir généraliste à voir le jour en France.

Dans ce premier numéro, il parait qu’il y avait une interview de Bernard Kouchner, un portrait de l’actrice américaine Scarlett Johansson et un article sur la saga des séries télé de l’été.

Difficile pour autant de vous donner un avis. En effet, ce journal présente la double particularité d’être distribué le soir, à partir de 17 h 00, dans 15 grandes villes françaises, et « à la criée » par une équipe de plus de 300 personnes, qui renforcera les 150 lieux de dépôt. Et en dépit du fait que le siège social du Groupe Bolloré (32 808 collaborateurs dans le monde et 5 608 millions d’euros de chiffre d’affaires quand même !) se tienne à Ergué Gabéric, impossible de trouver « Direct Soir » ! Il n’est d’ailleurs distribué du tout en Bretagne…

2006-06-07.jpgDans la grande tradition socialiste, notre « projet des socialistes » a donc été adopté au milieu de la nuit dernière, vers 1 heure.

Je ne connais pas encore le texte définitif mais je dispose de la mouture sur laquelle le Bureau National a travaillé. J’aurais l’occasion de revenir sur le fond mais, à ce stade, je suis inquiet.

Je suis d’abord attristé par le peu de temps qui sera laissé aux adhérents du PS pour discuter de ce texte. Il devrait parvenir dans les boites aux lettres le 12 ou le 13 juin, il faudra le voter le 22 juin. A peine 8 jours pour un texte d’une trentaine de page qui « trace les perspectives d’action pour le prochain quinquennat et au-delà pour les dix ans à venir »…

J’ai aussi un peu de mémoire et je me rappelle qu’il y a 4 ans, le 26 janvier 2002 pour être précis, le PS avait déjà adopté un tel « projet » sous la responsabilité de Martine Aubry qui l’avait baptisé « La vie ensemble, la vie en mieux ». Son adoption fut massive (93.53 %) mais avec seulement l’engouement mesuré : 48.63 % de participation… Il dura ce que durent les roses puisqu’il fut emporté par la défaite…

Je suis enfin paradoxalement prudent devant l’unanimité affichée des 73 participants au conclave parisien. Si le rassemblement est par principe une bonne chose, j’espère simplement qu’il ne s’explique pas par la multiplication de formules générales. Le pays a besoin de choix. Pour construire l’alternative, il nous faudra être précis.

2006-06-06.jpg6 juin 2006, 6/6/6. Toute la journée, je n’ai entendu par que ce fameux « signe de la Bête », c’est-à-dire de Satan.

Par curiosité, j’ai cherché son origine. Il s’agit d’une citation tirée du Chapitre 13 (verset 18) de l’Apocalypse de St Jean. « C’est le moment d’avoir du discernement: celui qui a de l’intelligence, qu’il interprète le chiffre de la bête, car c’est un chiffre d’homme : et son chiffre est 666» ! Comprenne qui pourra ! Et de fait, peu de sujets bibliques ont suscité autant d’intérêt et de réflexion que cette mystérieuse marque.

En tout cas, que personne ne vienne plus me dire que tout ça est d’une «simplicité biblique » !

2006-06-05.jpgEn 1984, les USA ont connu un candidat qui a vécu une poussée spectaculaire mais éphémère : Gary Hart, jeune (48 ans) sénateur du Colorado. Il surfait sur les « idées nouvelles ». Il fallait changer, moderniser, faire appel à une nouvelle génération…

Son concurrent dans les primaires démocrates de l’époque, Walter Mondale lança une formule qui fit mouche « where is the beef ? ». En demandant ainsi « où est la viande ? », le leader démocrate indiquait tout simplement que chacun restait sur sa faim derrière les belles formules générales.

La façon dont Ségolène Royal s’exprime dans les médias depuis quelques jours me laisse un sentiment identique. Un exemple caricatural réside dans ses dernières déclarations. Après la délinquance des mineurs elle vient aujourd’hui de parler des 35 H. Avec des réponses si lapidaires, chaque citoyen ne peut que souhaiter le « devoir de relance » du journaliste pour chercher le contenu réel de cette réponse mais cette pratique n’est pas encore dans les mœurs de la démocratie française.

J’y vois toute l’actuelle ambiguïté de la popularité incontestable de Ségolène Royal. Son positionnement conceptuel est totalement contradictoire. Elle cherche à mettre un contenu de gauche dans une contenant de droite. Chaque terme pourrait être utilisé par un candidat UMP. Mais quand elle va au-delà du mot, elle lui donne un contenu qui soit acceptable pour nous : la gauche.

Facebook

Twitter