2006-06-11.jpg« Hawk eye » littéralement « Oeil de faucon ». C’est le nouveau système d’arbitrage informatique imaginé par les dirigeants du tennis mondial.

Le principe : cinq caméras, situées sur le toit du stade, filment les échanges à 60 images par seconde et les transmettent illico à un ordinateur. Celui-ci après avoir recalculé les trajectoires à 3 millimètres près, les synthétise sur l’écran. Chaque joueur peut y faire appel à deux reprises au cours d’un set. Il a servi pour la première fois à Miami en mars et sera utilisé à l’US Open en septembre.

Les organisateurs de Roland Garros n’en ont pas voulu même si France Télévision s’en sert dans ses retransmissions. On pourrait y voir une réaction salutaire contre cette obsession contemporaine de vouloir tout savoir, sur tout, tout de suite.

J’ai toujours pensé que cette course à l’urgence, ce culte de la transparence qui incite le citoyen, en société, à rechercher la spontanéité et l’épanchement, et dans la vie politique, l’abolition des secrets, peut vite dégénérer en voyeurisme. Et de fait, souvent les citoyens ont la tentation de délaisser les idéaux et de régler leur pensée et leurs actions sur des images qui prétendent serrer la réalité sociale et physique toujours plus près. J’étais donc près à louer le comportant de la fédération française de tennis pour sa contribution au refus du tout savoir avant de découvrir qu’elle avait simplement estimé que la terre battue suffisait à repérer les impacts des balles !

Fabius tenduff.jpgJ’ai passé la journée d’hier avec Laurent Fabius.

Le PS est à la veille d’adopter son Projet et il me semblait utile que l’un de ses dirigeants vienne entendre la contribution que les socialistes du Finistère ont souhaité y apporter.

Cet homme m’intéresse tant sa vie me parait écrite comme un roman balzacien. Certes l’ambition est l’oxygène de l’homme politique mais, chez lui, elle embrigade si spectaculairement les vices éclatants de notre démocratie qu’elle en devient exemplaire.

Jusqu’à l’an passé, sa tactique était proverbiale : il fallait temporiser. C’est grâce à cela qu’il a pu emporter ses victoires. Ne jamais engager le combat frontal, attendre l’adversaire et l’éviter à son arrivée, chercher à l’épuiser, autant de recettes qui ont fait sa réputation. D’où vient alors qu’en 2005, oubliant les exploits (racontés par Plutarque) qui ont permis à son illustre homonyme Fabius Maximus Verrucosus, consul de Rome, de vaincre Hannibal entre 216 et 211 av. J.-C., Laurent Fabius ait abandonné cette tactique qu’il avait faite sienne, provoquant un séisme au PS et favorisant la victoire du « non  » ?

Je ne vois qu’une seule réponse : la conviction. Laurent Fabius est un mitterrandiste, tendance Lucien Leuwen. Il considère que la présidence de la République ne peut se conquérir que par la façade gauche, même s’il sait qu’elle ne se conserve ensuite que par sa façade centrale…

2006-06-09.jpgIl y a deux jours, l’Assemblée nationale a modifié son règlement intérieur sur la proposition de son président Jean Louis Debré. La perspective était prometteuse : commencer à doter l’opposition d’un statut. Malheureusement, le texte adopté ne fera pas date tant il juxtapose des dispositions qui n’ont rien à faire ensemble, tandis que ne sont que des demi-mesures.

Ainsi dans la prochaine législature, l’opposition ne pourra présider qu’une seule des 6 commissions permanentes. Soulignons d’abord combien cette limitation à six est devenue absurde. Leur composition est pléthorique (la commission des affaires culturelles, familiales et sociales compte 154 membres !). Leurs compétences sont trop variées, trop disparates pour être en mesure d’exercer pleinement leurs fonctions, notamment de contrôle. On a du mal à croire que l’équilibre des institutions serait menacé si le nombre des commissions passait à neuf ou douze…

Pour l’exemple, en RFA, il y a 22 commissions, et le SPD en préside huit, tout comme la CDU, deux revenant aux Verts, deux au FDP et deux au nouveau parti de gauche. Au Royaume-Uni, la Chambre des communes compte 39 commissions permanentes : la présidence de onze d’entre elles est confiée à l’opposition. Pourquoi ce qui est possible dans ces pays démocratiques ne le serait-il pas en France ?

2006-06-08.jpgVincent Bolloré a lancé mardi dernier « Direct Soir » qui se veut le premier quotidien gratuit du soir généraliste à voir le jour en France.

Dans ce premier numéro, il parait qu’il y avait une interview de Bernard Kouchner, un portrait de l’actrice américaine Scarlett Johansson et un article sur la saga des séries télé de l’été.

Difficile pour autant de vous donner un avis. En effet, ce journal présente la double particularité d’être distribué le soir, à partir de 17 h 00, dans 15 grandes villes françaises, et « à la criée » par une équipe de plus de 300 personnes, qui renforcera les 150 lieux de dépôt. Et en dépit du fait que le siège social du Groupe Bolloré (32 808 collaborateurs dans le monde et 5 608 millions d’euros de chiffre d’affaires quand même !) se tienne à Ergué Gabéric, impossible de trouver « Direct Soir » ! Il n’est d’ailleurs distribué du tout en Bretagne…

2006-06-07.jpgDans la grande tradition socialiste, notre « projet des socialistes » a donc été adopté au milieu de la nuit dernière, vers 1 heure.

Je ne connais pas encore le texte définitif mais je dispose de la mouture sur laquelle le Bureau National a travaillé. J’aurais l’occasion de revenir sur le fond mais, à ce stade, je suis inquiet.

Je suis d’abord attristé par le peu de temps qui sera laissé aux adhérents du PS pour discuter de ce texte. Il devrait parvenir dans les boites aux lettres le 12 ou le 13 juin, il faudra le voter le 22 juin. A peine 8 jours pour un texte d’une trentaine de page qui « trace les perspectives d’action pour le prochain quinquennat et au-delà pour les dix ans à venir »…

J’ai aussi un peu de mémoire et je me rappelle qu’il y a 4 ans, le 26 janvier 2002 pour être précis, le PS avait déjà adopté un tel « projet » sous la responsabilité de Martine Aubry qui l’avait baptisé « La vie ensemble, la vie en mieux ». Son adoption fut massive (93.53 %) mais avec seulement l’engouement mesuré : 48.63 % de participation… Il dura ce que durent les roses puisqu’il fut emporté par la défaite…

Je suis enfin paradoxalement prudent devant l’unanimité affichée des 73 participants au conclave parisien. Si le rassemblement est par principe une bonne chose, j’espère simplement qu’il ne s’explique pas par la multiplication de formules générales. Le pays a besoin de choix. Pour construire l’alternative, il nous faudra être précis.

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