Transfuge

23 juin 2006 0 Commentaires

couverture.jpgAvant d’aller poser la première pierre de la future médiathèque de Quimper, je parcours Transfuge, jeune magazine littéraire axé sur les auteurs étrangers et son premier numéro hors série.

Fouiller les rayons du vendeur de journaux est un de mes petits plaisirs. Des magazines s’éditent dans tous les genres, tous les styles, tous les domaines. C’est ainsi que j’ai découvert celui-ci. Il interroge une trentaine de personnalités françaises sur le livre étranger qui les a le plus marqués.  Tous se prêtent à l’exercice avec intelligence, délicatesse, plaisir sensible. De Philippe Sollers à Jean-François Sirinelli en passant par Jacques Julliard et Frédéric Beigbeder que d’indications pour organiser un prochain farniente intelligent sur la plage. Quant à mon roman étranger préféré : réponse dans une prochaine note…

Petit plus, j’aime bien la phrase de l’éditorialiste qui nous assure que « faire valoir la littérature étrangère c’est répondre à un désir d’ouvrir les fenêtres, de s’échapper un peu de cette France devenue à bien des égards un cul de sac étouffant ».

bulletin.jpgSera-t-il un socle ou un cadre ? Le débat s’illustre toujours dans le choix des mots. Mais pour tous les socialistes, la même question : une fois voté quelle va être la destinée de ce texte ? La réponse est pourtant simple : il ne sera que la base du programme du candidat du PS aux présidentielles. Ce fut toujours le cas.

En 1981, François Mitterrand ne s’inspira que très modérément du « Projet socialiste pour la France des années 80 » adopté sous la responsabilité de Jean Pierre Chevènement pour bâtir ses 110 propositions. Sept ans plus tard, il écrivit une « lettre à tous les Français » où il plaidait pour une « France Unie » dont le PS parlait fort peu dans ses propres « Propositions pour la France » publiées en février 1988.

En 1995, le 7 mars, Lionel Jospin présenta des «propositions pour la France » sur lesquelles avaient surtout travaillé les experts du candidat sans se préoccuper excessivement du « Nouvel horizon pour la France et le Socialisme » adopté par le PS en congrès extraordinaire en décembre 1991. Enfin, si en 2002, le PS adopta un projet intitulé « La vie ensemble, la vie en mieux » sous la responsabilité de Martine Aubry, Lionel Jospin n’en conserva que quelques éléments pour construire ses engagements.

Halonen.jpgJ’ai consacré mon mercredi à la soutenance de mémoires de science politique avec les étudiants de licence. L’un d’entre eux était particulièrement enrichissant. Elaboré par une étudiante « ERASMUS » après 6 mois à Helsinki, il traitait de la place des femmes en politique en Finlande.

Ce pays est l’un des pays à l’avant-garde en matière de parité hommes/femmes. Il est le premier de notre continent à avoir accordé le droit de vote aux femmes et le droit d’être élues en 1906. Une sociale-démocrate Tarja Halonen (photo) en est la Présidente depuis février 2000 (elle a été reconduite en 2006). Avec 37 % de députées, il se classe deuxième, derrière la Suède, pour la représentation des femmes au sein du parlement monocaméral. Et elles occupent 8 ministères sur 18 dans l’actuel cabinet.

La Finlande pourrait donc faire figure d’exemple. Pourtant le tableau n’est pas si idyllique. Ainsi une finlandaise touche en moyenne 82 % du salaire d’un finlandais, bien qu’elle soit globalement plus diplômée que lui. Les femmes n’occupent que 27 % des postes de direction. Et 22 % des femmes avouent avoir été victimes de violences conjugales ou de menace de la part de leur partenaire. Le viol conjugal n’est d’ailleurs reconnu comme criminel que depuis 1995.

Ces quelques éléments rappellent que ce combat n’est pas qu’une affaire politique. « Chaque génération est un peuple nouveau » disait Tocqueville. A la nôtre de relever le défi de notre temps : l’égalité républicaine.

ADRIA.jpgL’ ADRIA (Association pour le développement, la Recherche et l’innovation Agroalimentaires) tenait hier son assemblée générale dans ses locaux de Créach Gwen.

Le moment était d’importance tant les turbulences furent nombreuses au début de l’année au point que les rumeurs les plus inquiétantes transpirèrent dans nos journaux régionaux. Il fallut l’intervention financière massive du Conseil régional (au nom duquel je siège dans le Conseil de Surveillance de cette structure avec ma collègue Véronique Raher-Hériaud) qui vota une subvention d’urgence de 600 000 euros et du Conseil général qui compléta avec 170 000 euros, pour que les inquiétudes se dissipent.

En contrepartie de ce nouveau soutien, nous avons souhaité que la structure soit placée sous une procédure de sauvegarde afin de protéger l’ensemble des salariés. Et le 20 avril le tribunal de Quimper a désigné un administrateur provisoire. Aujourd’hui, des mesures sont envisagées comme la vente de filiales qui agissent dans le domaine concurrentiel ce qui n’est pas la vocation de l’ADRIA qui doit se recentrer sur la recherche et le développement au service des entreprises bretonnes. 

Il reste du travail et notamment l’apurement de la dette mais l’essentiel est préservé : plus de 80 emplois sont conservés à Quimper.

conf de presse.jpgFrançois Hollande que j’accueillais hier à Brest pour une réunion devant 300 adhérents connaît bien le PS. Il en est le principal responsable depuis 1997, il en maîtrise donc parfaitement tous les codes et sait finement en jouer. Il l’a démontré avec brio.

Comme premier secrétaire de la fédération du PS, il m’appartenait d’ouvrir la réunion pour l’interpeller. Je crois l’avoir fait avec vigueur. Il peut arriver que je taise une part de mes idées personnelles pour faire vivre le collectif, c’est le lot d’un animateur départemental mais grâce à cette fonction j’ai appris la patience, le compromis, le respect et d’abord celui des militants. J’y ai puisé aussi le besoin d’écouter les autres pour porter leur voix. Et je sais la frustration des adhérents du PS de ne pouvoir discuter plus longuement de ce texte qui va engager le PS pour dix ans.

François Hollande s’est montré tel qu’en lui-même. Personne ne conteste son talent, sa vivacité, sa causticité (j’en ai fait les frais), son alacrité. Comme il est aimable, vertu rarissime en politique, certains l’imaginent désinvolte. Puisqu’il est ouvert, d’autres sont persuadés qu’il n’a pas cette dureté de granit et cette concentration quasi obsessionnelle faute desquelles, paraît-il, on ne saurait escalader les plus hautes marches de la politique. Sa ligne politique est celle d’un social-démocrate europhile allergique au clinquant factice des Cyranos de l’utopie. Mais hier, on l’aurait aimé moins prudent.

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