Au moment où 18 millions de Français attendaient la qualification de l’équipe nationale, nous étions une petite centaine hier soir à Châteaulin pour écouter Pierre Joxe, membre du Conseil Constitutionnel qui était l’invité de l’association « La Palabre » de Kofi Yamgnane. Enseignant en droit, il me semblait normal d’y être mais quelles pouvaient être les motivations des autres ?…

En tout cas, les spécialistes apprécieront, Pierre Joxe a annoncé que très rapidement le Conseil devrait introduire dans ses décisions ce que l’on appelle « l‘opinion dissidente« . Si les faits viennent corroborer l’intention, ce sera dans le monde juridique un bouleversement.

L’opinion dissidente c’est la possibilité pour les membres du Conseil constitutionnel en désaccord avec le contenu ou/et la motivation de la décision de publier, à la suite de l’arrêt, leur propre position sur l’affaire jugée. Dans notre droit, théoriquement basé sur le principe « sacré » du secret des délibérations, la novation fera jaser !

J’y suis pourtant favorable car une décision de justice, constitutionnelle ou pas, ne tombe pas du ciel. Elle puise sa rationalité dans la confrontation des arguments qui la fait naître.

médiathèque.jpgSurprise et amusement ce matin en lisant Ouest France. Hier, nous étions quelques élus à intervenir à l’occasion de la pose de la première pierre de la future médiathèque de Quimper-Communauté. Au passage, en termes strictement sportifs, la gauche a remporté le match des prises de parole : 4 contre 1 !
 
En effet, après Annie Kerascoët, maire de Pluguffan et vice-présidente en charge du dossier dans l’agglomération, Pierre Maille, Président du Conseil général (très dubitatif sur la photo…) et Bernard Poignant, député européen, j’étais le 4ème socialiste à intervenir… Face à un Alain Gérard seul représentant de la droite quimpéroise. Un indicateur comme un autre de la progression de nos idées
L’amusement vient du compte rendu journalistique. « Cet équipement est un geste d’ouverture selon Jean-Jacques Urvoas, premier secrétaire du Parti Socialiste du Finistère« . Voilà tout ce qui fut retenu de mon proposUne belle leçon si l’on est persuadé que l’on écrit pour la postérité !La surprise est liée à la qualité qui est reprise : « Premier secrétaire« . S’il est vrai comme je l’ai dit hier, que de la première grande bibliothèque à Alexandrie à la BNF, de tout temps, ces lieux jouèrent un rôle irremplaçable dans la circulation des idées et donc sont indispensables à la liberté de penser, je n’étais pas présent comme responsable de mon organisation mais Jean-Yves Le Drian n’ayant pu être à Quimper, j’avais l’honneur de le représenter. Aux côtés du Conseil Général ou de Quimper communauté, le Conseil Régional de Bretagne sous diverses formes participe au financement de ce grand projet pour 2 684 169 euros.  
  
Pour la première fois, ce blog me permet de faire un rectificatif. Sa diffusion n’est pas encore celle d’Ouest France mais il n’a que quelques jours d’existence…
 

Transfuge

23 juin 2006 0 Commentaires

couverture.jpgAvant d’aller poser la première pierre de la future médiathèque de Quimper, je parcours Transfuge, jeune magazine littéraire axé sur les auteurs étrangers et son premier numéro hors série.

Fouiller les rayons du vendeur de journaux est un de mes petits plaisirs. Des magazines s’éditent dans tous les genres, tous les styles, tous les domaines. C’est ainsi que j’ai découvert celui-ci. Il interroge une trentaine de personnalités françaises sur le livre étranger qui les a le plus marqués.  Tous se prêtent à l’exercice avec intelligence, délicatesse, plaisir sensible. De Philippe Sollers à Jean-François Sirinelli en passant par Jacques Julliard et Frédéric Beigbeder que d’indications pour organiser un prochain farniente intelligent sur la plage. Quant à mon roman étranger préféré : réponse dans une prochaine note…

Petit plus, j’aime bien la phrase de l’éditorialiste qui nous assure que « faire valoir la littérature étrangère c’est répondre à un désir d’ouvrir les fenêtres, de s’échapper un peu de cette France devenue à bien des égards un cul de sac étouffant ».

bulletin.jpgSera-t-il un socle ou un cadre ? Le débat s’illustre toujours dans le choix des mots. Mais pour tous les socialistes, la même question : une fois voté quelle va être la destinée de ce texte ? La réponse est pourtant simple : il ne sera que la base du programme du candidat du PS aux présidentielles. Ce fut toujours le cas.

En 1981, François Mitterrand ne s’inspira que très modérément du « Projet socialiste pour la France des années 80 » adopté sous la responsabilité de Jean Pierre Chevènement pour bâtir ses 110 propositions. Sept ans plus tard, il écrivit une « lettre à tous les Français » où il plaidait pour une « France Unie » dont le PS parlait fort peu dans ses propres « Propositions pour la France » publiées en février 1988.

En 1995, le 7 mars, Lionel Jospin présenta des «propositions pour la France » sur lesquelles avaient surtout travaillé les experts du candidat sans se préoccuper excessivement du « Nouvel horizon pour la France et le Socialisme » adopté par le PS en congrès extraordinaire en décembre 1991. Enfin, si en 2002, le PS adopta un projet intitulé « La vie ensemble, la vie en mieux » sous la responsabilité de Martine Aubry, Lionel Jospin n’en conserva que quelques éléments pour construire ses engagements.

Halonen.jpgJ’ai consacré mon mercredi à la soutenance de mémoires de science politique avec les étudiants de licence. L’un d’entre eux était particulièrement enrichissant. Elaboré par une étudiante « ERASMUS » après 6 mois à Helsinki, il traitait de la place des femmes en politique en Finlande.

Ce pays est l’un des pays à l’avant-garde en matière de parité hommes/femmes. Il est le premier de notre continent à avoir accordé le droit de vote aux femmes et le droit d’être élues en 1906. Une sociale-démocrate Tarja Halonen (photo) en est la Présidente depuis février 2000 (elle a été reconduite en 2006). Avec 37 % de députées, il se classe deuxième, derrière la Suède, pour la représentation des femmes au sein du parlement monocaméral. Et elles occupent 8 ministères sur 18 dans l’actuel cabinet.

La Finlande pourrait donc faire figure d’exemple. Pourtant le tableau n’est pas si idyllique. Ainsi une finlandaise touche en moyenne 82 % du salaire d’un finlandais, bien qu’elle soit globalement plus diplômée que lui. Les femmes n’occupent que 27 % des postes de direction. Et 22 % des femmes avouent avoir été victimes de violences conjugales ou de menace de la part de leur partenaire. Le viol conjugal n’est d’ailleurs reconnu comme criminel que depuis 1995.

Ces quelques éléments rappellent que ce combat n’est pas qu’une affaire politique. « Chaque génération est un peuple nouveau » disait Tocqueville. A la nôtre de relever le défi de notre temps : l’égalité républicaine.

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