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2006-06-07.jpgDans la grande tradition socialiste, notre « projet des socialistes » a donc été adopté au milieu de la nuit dernière, vers 1 heure.

Je ne connais pas encore le texte définitif mais je dispose de la mouture sur laquelle le Bureau National a travaillé. J’aurais l’occasion de revenir sur le fond mais, à ce stade, je suis inquiet.

Je suis d’abord attristé par le peu de temps qui sera laissé aux adhérents du PS pour discuter de ce texte. Il devrait parvenir dans les boites aux lettres le 12 ou le 13 juin, il faudra le voter le 22 juin. A peine 8 jours pour un texte d’une trentaine de page qui « trace les perspectives d’action pour le prochain quinquennat et au-delà pour les dix ans à venir »…

J’ai aussi un peu de mémoire et je me rappelle qu’il y a 4 ans, le 26 janvier 2002 pour être précis, le PS avait déjà adopté un tel « projet » sous la responsabilité de Martine Aubry qui l’avait baptisé « La vie ensemble, la vie en mieux ». Son adoption fut massive (93.53 %) mais avec seulement l’engouement mesuré : 48.63 % de participation… Il dura ce que durent les roses puisqu’il fut emporté par la défaite…

Je suis enfin paradoxalement prudent devant l’unanimité affichée des 73 participants au conclave parisien. Si le rassemblement est par principe une bonne chose, j’espère simplement qu’il ne s’explique pas par la multiplication de formules générales. Le pays a besoin de choix. Pour construire l’alternative, il nous faudra être précis.

2006-06-06.jpg6 juin 2006, 6/6/6. Toute la journée, je n’ai entendu par que ce fameux « signe de la Bête », c’est-à-dire de Satan.

Par curiosité, j’ai cherché son origine. Il s’agit d’une citation tirée du Chapitre 13 (verset 18) de l’Apocalypse de St Jean. « C’est le moment d’avoir du discernement: celui qui a de l’intelligence, qu’il interprète le chiffre de la bête, car c’est un chiffre d’homme : et son chiffre est 666» ! Comprenne qui pourra ! Et de fait, peu de sujets bibliques ont suscité autant d’intérêt et de réflexion que cette mystérieuse marque.

En tout cas, que personne ne vienne plus me dire que tout ça est d’une «simplicité biblique » !

2006-06-05.jpgEn 1984, les USA ont connu un candidat qui a vécu une poussée spectaculaire mais éphémère : Gary Hart, jeune (48 ans) sénateur du Colorado. Il surfait sur les « idées nouvelles ». Il fallait changer, moderniser, faire appel à une nouvelle génération…

Son concurrent dans les primaires démocrates de l’époque, Walter Mondale lança une formule qui fit mouche « where is the beef ? ». En demandant ainsi « où est la viande ? », le leader démocrate indiquait tout simplement que chacun restait sur sa faim derrière les belles formules générales.

La façon dont Ségolène Royal s’exprime dans les médias depuis quelques jours me laisse un sentiment identique. Un exemple caricatural réside dans ses dernières déclarations. Après la délinquance des mineurs elle vient aujourd’hui de parler des 35 H. Avec des réponses si lapidaires, chaque citoyen ne peut que souhaiter le « devoir de relance » du journaliste pour chercher le contenu réel de cette réponse mais cette pratique n’est pas encore dans les mœurs de la démocratie française.

J’y vois toute l’actuelle ambiguïté de la popularité incontestable de Ségolène Royal. Son positionnement conceptuel est totalement contradictoire. Elle cherche à mettre un contenu de gauche dans une contenant de droite. Chaque terme pourrait être utilisé par un candidat UMP. Mais quand elle va au-delà du mot, elle lui donne un contenu qui soit acceptable pour nous : la gauche.

TennisAmélie Mauresmo, qui vient d’être éliminée, n’en sera pas la bénéficiaire.

Cette année, le tournoi de tennis de Roland-Garros offre la même prime aux vainqueurs des tableaux homme et femme. Roland-Garros s’aligne ainsi sur l’US Open et l’Open d’Australie, seul Wimbledon, dans les tournois du Grand Chelem, attribue une somme d’argent supérieure au vainqueur masculin. Cette parité ne s’applique cependant pas aux autres participants puisque les demi-finalistes, quart-de-finalistes, doubles hommes continueront à gagner plus que leurs homologues femmes. Les deux vainqueurs de Roland-Garros recevront chacun la modique somme de 940 000 € ce qui représente quelques 60 années de SMIC.

Marie AntoinetteVu au Bretagne, avec ma fille, le dernier film de Sofia Coppola  « Marie Antoinette ». L’avouerais-je ? Je ne connais pas cette réalisatrice dont je n’ai rien vu, même pas  « Lost in translation »…C’est plutôt le sujet qui m’attirait. J’aime ces périodes ou l’histoire hésite, ces moments où tout peut basculer comme le 25 juin 1791 (Varennes), le 10 juillet 1940 (Vichy), le 13 mai 1958 (Alger), ces instants où les hommes maîtrisent leur destin.

J’ai été déçu. Ce film n’est qu’un portrait très long d’une pauvre petite princesse riche qui aspire à être libre mais que les contraintes de la Cour enserrent. Les critiques ont loué son coté esthétique et artistique et la bande son faite de musique pop et de menuet (dont certaines morceaux sont interprétés par l’ensemble brestois Matheus dirigé par Jean Christophe Spinosi). J’avoue m’être plutôt ennuyé de la longueur et des plans répétitifs censés traduire la frivolité de cette reine qui délaissée par un époux maladroit s’est inventé un monde où la fête, l’alcool sont l’essentiel.

Pour Coppola le contexte politique importait peu. Dommage.

Seule bonne surprise : l’actrice italienne Asia Argento qui compose une comtesse du Barry, maitresse de vieux roi Louis XV, complètement décalée et vulgaire.

Pour ne pas changer de période, je me replonge dans le dernier ouvrage de Roger Gérard Schwartzenberg « 1788 : essai sur la maldémocratie »…

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