J’avoue ne pas comprendre pourquoi certains de mes amis politiques s’acharnent à vouloir utiliser le vocable de « majorité présidentielle« .

Que ce dernier ait eu un sens en 2007 ou en 2012, nul ne le conteste. Quand Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2007, rassemble 53,06 % des suffrages exprimés, il ne fait pas de doute que ces derniers ont voulu manifester leur accord avec le programme développé au premier tour par le candidat de l’UMP et qu’ils appuient sa volonté réformatrice au second. De même, François Hollande peut-il légitimement revendiquer le soutien réel des 51,64 % des suffrages exprimés le 6 mai 2012. Dans les deux cas, la « majorité présidentielle » rassemble les électeurs qui appuient une démarche et souhaitent aux législatives, la victoire du candidat devenu président.

Cette configuration ne correspond pas à 2017. Quand Emmanuel Macron rassemble à Quimper, au soir du tour décisif, le 7 mai, 83,29 %, chacun sait qu’il réunit tous ceux qui ne veulent pas vivre un cauchemar. Comme l’a dit Raymond Aron, les électeurs avaient le choix entre « le préférable et le détestable ». Impossible dans ces conditions d’en conclure à un appui unanime pour un programme choisi uniquement par 33 % des électeurs quimpérois lors du 1er tour…

Par contre, la volonté de participer à une « majorité parlementaire » prend tout son sens dans la campagne législative. Et c’est bien dans cette perspective positive que je m’inscris.

Je souhaite en effet, le succès du quinquennat d’Emmanuel Macron parce que les problèmes de la France ne peuvent pas attendre. Le travail entamé pour le redressement du pays doit être poursuivi. Aussi prétendre dès aujourd’hui vouloir être un opposant systématique au chef de l’Etat me semble une posture stérile qui ne correspond pas aux exigences de l’heure. Mais affirmer tout aussi doctement une détermination à approuver automatiquement tous les projets du gouvernement d’Edouard Philippe est pareillement réducteur et improductif.

Appartenir à la « majorité parlementaire », c’est donc prendre connaissance d’un contrat de coalition comme ont pu en signer la CDU et le SPD en Allemagne, c’est accepter que des forces politiques travaillent sur quelques sujets clairement identifiés dans l’intérêt général sans se dissoudre dans une nouvelle organisation, c’est choisir de faire primer le souci du compromis au confort de l’affrontement.

Voilà quel est mon état d’esprit. Et aussi ce qui explique que je n’ai pas cherché une autre étiquette que celle sous laquelle je mène tous mes combats électoraux depuis 2007.

 

 

Facebook

Twitter