Le Conseil Constitutionnel vient de juger que la récente modification du Règlement de l’Assemblée Nationale qui visait à permettre aux groupes parlementaires de se doter d’une coprésidence assurée par deux députés de sexe différent, était inconstitutionnelle.

Ceux qui me font l’honneur de me lire savent que je n’étais guère enthousiaste face à cette initiative voulue par le groupe Ecologiste. J’avais eu l’occasion de l’écrire et surtout de l’exprimer à la tribune de l’Assemblée.

Le Règlement ne sera donc pas modifié puisque les changements envisagés sont contraires à la loi organique du 15 avril 2009 et surtout au principe d’égalité. On comprendra que je ne verse pas des larmes de crocodile sur les conséquences de cette décision.

Au final, nous allons donc découvrir les bienfaits des « conventions parlementaires«  chères à Pierre Avril et à Jean Gicquel. Cette pratique souple qui permet l’existence de coutumes acceptées par la Conférence des Présidents sans qu’il ne soit besoin de changer à la règle écrite.

Ainsi grâce à cette fluidité, le groupe écologiste pourra – à l’Assemblée (car il ne me semble pas que celui du Sénat suive l’exemple) – se doter sans difficulté particulière de deux co-présidents…

Le Monde publie ce soir un appel de 39 parlementaires socialistes réclamant l’application du non cumul des mandats « dès 2014″.

Je n’en suis pas signataire volontairement. Non pas en raison d’un désaccord avec le contenu. On connaît mes positions anciennes et constantes en faveur du mandat unique pour les parlementaires.

Mais parce que je ne crois pas qu’une telle initiative – minoritaire – serve la cause qu’elle espère défendre. En effet, notre groupe compte 293 membres dont 276 sont membres du PS. Aussi publier un appel n’aurait de sens que s’il était paraphé par une majorité de ces 276 députés. Tel n’était pas le cas et ceux de mes collègues qui ont signé le savaient. Ils voulaient manifester une volonté mais je crains que cela n’apparaisse que comme une frustration, voire comme une impuissance.

Parce que ce combat est néanmoins le mien, parce que je sais que politiquement il est gagné puisque François Hollande en a fait un engagement, je préfère pour ma part, privilégier encore et toujours la recherche d’une voie qui fasse que rapidement nous puissions voter la loi qui l’imposera à tous les députés et sénateurs !

Comment ne pas être touché par le drame que connaissent beaucoup d’agriculteurs qui sont étranglés par le manque de revenus ? Comment ne pas être solidaire de leur détresse, de leur appel à l’aide ? Comment ne pas comprendre l’humiliation qu’ils peuvent ressentir de ne pas parvenir à être rémunérer pour le travail qu’ils fournissent sans compter leurs horaires ? Comment taire la responsabilité de la grande distribution dont les marges ne cessent de croître quand les prix payés aux paysans ne couvrent pas les dépenses ?

Mais partager cette détresse ne suffit pas. Il faut affronter la réalité pour donner des perspectives.  Cette semaine, dans son éditorial, Laurent Joffrin écrit en parlant des politiques, des syndicats, des différents corps de métier « Avec les meilleurs arguments ils ont choisi le chômage« . En le découvrant, un retraité de l’agriculture me disait qu’on pouvait l’adapter à l’agriculture « …ils ont choisi de ne pas changer de politique agricole« .

Quand va-t-on cesser de parler de la PAC seulement en termes comptables et aborder aussi son contenu, ses  enjeux ? Bien sûr il faut des mesures d’urgence; quand il y a le feu il faut l’éteindre, mais sans donner l’illusion de pouvoir perdurer dans un système arrivé au bout du rouleau.

Le moment est venu, et est propice me semble t-il, d’affirmer à l’intention des paysans et de la société la nécessité de réorienter la politique agricole, de redéfinir le rôle de l’agriculture dans la société.

Je sais bien que cette réorientation est plus facile à dire qu’à faire : poids de l’Europe, des différents lobbys, inertie due au monde agricole lui-même et à ses investissements à rotation lente… Il faut évidemment tenir compte des derniers résultats des élections aux chambres d’agriculture mais sans oublier les fortes minorités qui se sont exprimées et surtout que l’agriculture ne concerne pas que les paysans mais la société entière.

Mais ces contraintes ne doivent pas empêcher de donner des objectifs ni la mise en place d’une stratégie pour les atteindre. L’agriculture actuelle a mis des décennies à se façonner. Nous aurons besoin d’autant de temps pour la changer. Je suis persuadé qu’il existe certainement des marges de manoeuvre au niveau de l’Europe, de la France, des régions.

Cette nuit, le domicile privé de Chantal Guittet députée du Finistère a été dégradé par des vandales. Nous ne connaissons malheureusement pour le moment ni leur identité, ni les motivations qu’ils pensaient servir en agissant ainsi.

Dans tous les cas, de tels comportements par leur lâcheté et par leur brutalité sont nuisibles et inqualifiables. Par essence, les élus sont à l’écoute des préoccupations de leurs électeurs et attentifs aux crises que traversent les divers secteurs de notre département. Avec leurs moyens et toute leur énergie, ils agissent au quotidien pour trouver des solutions durables.

S’en prendre ainsi à leur intimité ne peut appeler qu’une condamnation totale.

Patricia Adam, Jean-Luc Bleunven, Maryvonne Blondin, Gwenegan Bui, Richard Ferrand, Jean-Luc Fichet, François Marc, Gilbert Le Bris, Annick Le Loch, Jean-Jacques Urvoas

Facebook

Twitter