J’ai appris que Christian Troadec faisait circuler un trac contre Richard Ferrand en se servant d’un article publié dans Ouest France la semaine passée dans lequel je donnais mon sentiment sur l’évolution électorale de cette circonscription.

Ma liberté de ton a peut-être heurté quelques militants et élus du PS. J’avoue que sortant d’une période où les socialistes n’avaient eu de cesse que d’émettre un avis sur la personnalité la plus à même de battre Nicolas Sarkozy, je n’ai pas pensé à mal en donnant ma conviction sur celui qui pourrait vaincre l’UMP Christian Ménard.

Pour autant, je dénie à quiconque et en particulier à Christian Troadec le droit de se servir de mes propos pour mener une campagne totalement détestable contre l’un d’entre nous. Je souhaite dans cette circonscription comme dans tout le Finistère, la victoire d’un candidat socialiste. Ce qui peut m’éloigner de l’un ou de l’autre n’est rien en comparaison de l’abîme qui me sépare de comportements dont est visiblement coutumier le maire de Carhaix.

Le PS n’est pas une caserne où il est serait interdit de s’exprimer et plus encore de penser. Le délit d’opinion n’a jamais existé chez nous. C’est notre honneur et notre tradition que de débattre devant les électeurs. Mais c’est surtout notre force que de puiser notre légitimité dans la confiance des militants.  Le candidat qui sera choisi demain dans la circonscription de Châteaulin bénéficiera du total appui de nous tous et incarnera le nécessaire changement.

Christian Troadec le sait. Il le redoute et pour cela n’hésite pas à utiliser des méthodes qui n’appartiennent pas au patrimoine de la gauche républicaine. Agissant ainsi il montre ses véritables intentions : nuire d’abord aux socialistes au seul profit – finalement – de l’UMP.

En commission des lois ce matin, revient en 2nd lecture une proposition de loi soutenue par le gouvernement. Il ne reste plus qu’un article en discussion mais c’est le « coeur de la réforme » selon les mots du rapporteur UMP de l’Assemblée.

Il s’agit de permettre la création d’un immense fichier, le plus vaste jamais conçu en France, pour interdire la fraude des identités numériques.

Si l’ambition est noble, le moyen est disproportionné. D’ailleurs, le Sénat s’y est opposé massivement. Puisque en présence de Claude Guéant, venu pour la circonstance, 340 voix ont voté contre, et seuls 4 UMP ont voté pour. Même le rapporteur UMP du Sénat s’est prononcé contre cette perspective.

Hélas, la majorité UMP de l’Assemblée, fidèle à son habitude de soumission, va sans doute défaire ce vote. C’est dire l’enjeu de la commission. Je n’avais pas suivi ce texte en 1ère lecture mais je viens renforcer mes collègues Serge Blisko et Delphine Batho qui bataillent depuis le printemps dernier.

Evidemment la CNIL a déjà dit son hostilité et même le Conseil d’Etat dans un récent arrêt vient de rappeler que seuls les principes de proportionnalité et de nécessité peuvent justifier la création d’un fichier. Sont-ils ici respectés ?

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