Le tribunal de commerce d’hier a donc franchi une nouvelle étape dans ce scandale dit « Defaix » qui frappe plus de 3000 petits épargnants ayant perdu les économies placées dans ses coopératives.

J’ai récemment reçu la présidente d’une des associations de ces épargnants accompagnée de son avocat. Ils ont attiré mon attention d’une part sur le fait d’une éventuelle carence de la loi sur le statut de ces coopératives dites « de croissance » et d’autre part sur le rôle qu’a pu jouer l’Autorité des Marchés Financiers. Ils m’interrogeaient aussi sur la faiblesse du plafond des indemnisations prévu pour les victimes d’infractions pénales graves.

Forts de ces éléments, j’ai naturellement entamé les démarches en direction du ministère et de cette autorité administrative indépendante. L’ambition est de tirer des leçons pour que demain la confiance des épargnants ne puissent plus être trompée.

Le libraire Jean-Michel Blanc m’a fait l’honneur de me convier à une séance de dédicace de mon petit livre publié par la Fondation Jean-Jaurès et les éditions Fayard.

Vous pouvez donc me retrouver demain à 17 h 30 à la librairie Ravy., 10 rue de la providence dans le passage de la rue du Chapeau Rouge.

Ce sera peut-être aussi l’occasion de parler de cette contribution au programme du futur candidat ou de la future candidate socialiste évoquée par le Télégramme ce matin.

Après avoir regardé le second débat, j’en arrive paradoxalement à la conclusion que les primaires ne sont pas le temps des propositions mais celui des candidats.

Chacun des six prétendants est en effet confronté à un défi impossible à relever : faire campagne sans dévoiler les propositions qu’il présentera au pays dans quelques semaines. Le faire serait choisir de favoriser notre adversaire en lui donnant le temps de se préparer. Ils sont donc contraints de rester dans des généralités toutes puisées dans le projet que nous avons tous voté.

Du coup, il reste des impressions. D’hier soir, je retire qu’il y a des tempéraments différents. Ceux qui espèrent faire revivre un certain volontarisme de gauche, à base d’interdictions et de sanctions et ceux qui s’inscrivent dans le champ du possible pour éviter de faire croire à des solutions qu’ils savent intenables. Les premiers ont surenchéri dans le registre de l’étatisme coercitif, les seconds en rajoutaient sur le ton de l’orthodoxie réaliste.

Aussi si l’échange fut roboratif et de qualité,  entre un dirigisme daté et un libéralisme tempéré, j’avais un peu de mal à suivre. Reste donc  4 hommes et  2 femmes qui démontrent à l’opinion que les socialistes ont appris à débattre sans se battre. Et rien que pour cela nous avons tous gagné.

Le gouvernement Fillon vient de présenter ce matin son dernier projet de loi de finances.

Dans un contexte de dégradation historique des finances publiques, d’explosion des inégalités et de rechute de la croissance, il se refuse à prendre la mesure de la crise. Il ne sait proposer qu’une cure d’austérité sans précédent.

S’enfermer dans une telle impasse ne fera qu’empêcher toute dynamique de reprise, accroître les inégalités et provoquer des effets inverses à ceux recherchés, en allant à l’encontre de la réduction des déficits. Loin de porter des mesures fiscales justes, la taxation sur les hauts revenus ne sera que temporaire alors que l’instauration de nouvelles taxes touchera l’ensemble des Français.

Evidemment, nous allons combattre de telles orientations et déposer des amendements porteurs d’une profonde réforme fiscale redonnant de la progressivité et de la justice à l’impôt. Ainsi nous proposerons de réhabiliter l’impôt sur le revenu par le plafonnement des niches, la suppression des prélèvements forfaitaires pour que les revenus du capital soient assujettis au même barème que les revenus du travail et par l’adjonction à l’IR d’une tranche supplémentaire de 45% à partir de 105 000 euros.

Ainsi nous prenons date car nos amendements nous engagerons pour notre action de demain.

Aujourd’hui les deux réseaux d’enseignement sont en grève. Présent à l’Assemblée, je ne pourrais me joindre au cortège quimpérois et je le regrette.

Cette nouvelle manifestation n’est pas un rituel. Et de ce point de vue le ministre a tort de la banaliser. Elle traduit une exaspération profonde des enseignants et des personnels.

On se rappelle peut-être ce paradoxe terrible où l’on vit le ministère de l’Éducation nationale contraint de « faire de la retape » auprès du grand public dans une récente campagne de communication pour recruter des enseignants en pleine période de suppressions massives de postes !

Ce formidable métier n’attire plus ! Et comment ne pas le comprendre : des rémunérations assez basses, des élèves de plus en plus difficiles, des classes qui se chargent, des garanties d’emploi stable moins évidentes qu’il y a vingt ou trente ans… Face à ce désenchantement généralisé, les vacances scolaires et le plaisir de partager son savoir avec des enfants pèsent de moins en moins.

Voilà en quoi n’en déplaise à Luc Chatel cette grève est particulière. Elle est le  symbole fort et le signe d’une morosité partagée par les deux réseaux d’enseignement.

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