L’étude publiée hier ne fait que confirmer ce que chacun sent : la crise a des effets dévastateurs.

Mes rencontres avec le Secours Populaire, le Secours Catholique ou les Restos du Cœur m’apprennent que leurs actions sont de plus en plus attendues, que ceux qui font appel à eux ne cessent d’augmenter. Evidemment le chômage qui progresse avec constance est une des variables qui pèsent lourdement dans cette dégradation. La stagnation des salaires joue également son rôle.

Et pourtant, pour d’autres, la situation s’améliore toujours plus grâce par exemple aux cadeaux fiscaux. Il y a une France qui sourit et une France qui pleure. Cela est devenu politiquement et socialement insupportable et indécent.

La semaine prochaine, l’Assemblée va débattre du projet de loi de finances rectificative en session extraordinaire. Pour ne point alimenter une forme de révolte sociale, le gouvernement serait bien inspiré de corriger les dérives nées de l’absence d’éthique ou de responsabilité de grands dirigeants. En particulier ceux qui augmentent leurs salaires et distribuent des dividendes quand leurs entreprises plongent dans le marasme.

Oui vraiment ce ne sont pas les seuls fraudeurs aux prestations sociales qu’il faut poursuivre, mais aussi, et surtout, les exilés fiscaux et les insatiables profiteurs de crise.

C’est le week-end du 15 août et comme l’an passé, je vais interrompre ce blog jusqu’au début de septembre.

Pour autant, mon activité politique ne connaîtra pas de suspension. Ainsi mercredi prochain, je serais l’invité de la matinale de France Inter de 8 h 20 à 9 h. Cette rédaction me fait l’honneur de me convier par évoquer le petit livre que je publie le 25 août prochain chez Fayard.

Il m’a semblé en effet opportun, avant que le candidat du changement soit désigné lors des primaires, de proposer à ceux que le sujet intéresse quelques réflexions iconoclastes sur le terrain que je travaille pour le compte du PS depuis 3 ans : la sécurité.

Je sais que la gauche est donc attendue au tournant. Non pour entonner l’imbécile lamento de ceux qui n’ont guère appris et tout oublié, mais pour éclairer l’avenir. Nous ne partons pas de rien comme l’a montré le pacte présenté à Créteil, le 17 novembre 2010 et ce qui nous sépare de la droite n’est pas notre prétendu « laxisme » mais notre conviction, qu’elle réfute, que le problème de la délinquance ne peut être appréhendé sous l’angle unique de la sanction.

Si donc – n’en déplaise à nos adversaires – nous avons depuis longtemps corrigé notre myopie, il nous reste à faire preuve d’audace. En l’occurrence, les solutions les plus hétérodoxes peuvent aussi s’avérer les plus efficaces. En effet, la France a tant changé depuis 2002 que les grandes décisions devront prévaloir sur les petits réajustements.

Au travers de ce que j’observe depuis trois ans dans de multiples déplacements, des dizaines de rencontres avec les policiers et les gendarmes, de centaines d’heures avec des élus, je suis persuadé que compte tenu de la profonde dégradation de la situation, aucune promesse de rétablissement rapide et général de la tranquillité publique ne pourra être malheureusement tenue. Il faut donc une modification des règles du jeu, le bouleversement de certaines habitudes pour provoquer un choc salutaire.

Le statu quo n’est en effet plus possible. En dépit des apparences, il n’est profitable ni aux policiers, ni aux gendarmes, ni à nos concitoyens. Notre dispositif de sécurité publique traverse aujourd’hui une crise existentielle probablement inédite par son ampleur. A force de réclamer toujours plus de résultats à ceux, fonctionnaires et militaires, qui en ont la charge tout en réduisant drastiquement leurs moyens d’action au nom des impératifs de la rigueur budgétaire, Nicolas Sarkozy a de facto créé les conditions d’un affaissement sans précédent de la fonction policière dans notre pays.

Une stratégie efficace consiste à transformer un obstacle apparent en atout. Ce furent les fameux brouillards d’Austerlitz qui permirent à Napoléon de remporter sa plus belle bataille. Aussi dans la nouvelle partie qui s’engage, le refus de céder à la mystique de la force brute et l’absence de culture policière inhérente à la gauche peuvent se transformer en avantage si celle-ci sait utiliser ces marqueurs pour bousculer les codes désuets et les conformismes stériles qui imprègnent les hommes et les structures existantes.

C’est ce à quoi je convie les lecteurs.

J’ai reçu cette semaine de la part d’Alain Even, le président du conseil économique, social et environnemental de Bretagne un exemplaire du rapport adopté par son assemblée le 12 mai dernier.

Produit par sa section « Mer littoral », il est intitulé « marées vertes en Bretagne, pour un diagnostic partagé, garant d’une action efficace ».

Cette contribution aide à comprendre les origines du problème en s’appuyant sur des travaux scientifiques de référence et en identifiant clairement les conclusions qui font consensus et les points qui ne le sont pas. J’ai ainsi appris que dès le mois de juillet 1971 le conseil municipal de St Michel en grève avait pris une délibération face aux nuisances générées par les échouages d’algues verts.

Aujourd’hui, le  schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux Loire-Bretagne identifie 109 sites en Bretagne, dont 42 sont des vasières.

L’étude montre l’urgence et l’ampleur des actions à mener, actions qui ont déjà été engagées, à différents niveaux mais dont l’efficacité reste incertaine tant que tous ceux qui sont concernés ne partagent pas le même sentiment sur les causes du phénomène et les leviers pour agir.

Il faut souhaiter que ce travail puisse accélérer le dialogue.

L’Etat doit garantir la liberté de manifestation. C’est pourquoi l’intérêt d’une démocratie commande toujours d’élever le niveau de la police et non de l’abaisser, tant, sans son concours actif, la protection des libertés relève du vœu pieux.

Mais son bras ne doit pas faiblir quand il est confronté à une émeute. Le dernier mot doit impérativement rester à la loi. On peut combattre une politique mais quand un gouvernement légitime prend des décisions, elles doivent être respectées.

Il est donc inquiétant de voir en Grande Bretagne, des policiers reculer devant les violences exprimées dans les rues. Il est vrai qu’outre manche, les forces mobiles telles que les CRS ou les escadrons de gendarmerie mobile n’existent pas. Et dans une situation de tension extrême comme celle que connait ce pays, ce manque est préjudiciable.

C’est l’occasion ici de souligner le professionnalisme dont font preuve ces unités. Par leur souplesse d’emploi et leur efficacité, elles sont des instruments à la fois utile, solide et sûr à la disposition du gouvernement.

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