Vote solennel sur la seconde lecture de la loi bioéthique.

Depuis leur naissance, ces lois tiraient leur force de la volonté partagée de la gauche et la droite de doter la République de principes communs face aux évolutions de la science : liberté des chercheurs ; respect de la personne humaine ; refus de la marchandisation du corps.

Il est donc navrant que la dérive qu’il faut bien qualifier de « réactionnaire » du gouvernement et de l’UMP ait brisé cette communauté d’esprit. Le rejet des avancées votées par le Sénat et en commission, l’autorisation de la recherche sur les cellules souches et le transfert post-mortem d’embryon est le pire message qu’elle pouvait envoyer. Aux chercheurs assimilés à des apprentis docteurs Folamour qu’il faut garder sous surveillance. Aux femmes, jugées incapables de libre arbitre dans la construction de leur projet parental.

L’éthique s’est effacée derrière les dogmes conservateurs. Quant à la liberté de conscience invoquée jusqu’à la lie par les orateurs de l’UMP, elle ne valait plus que pour le noyau dur de la droite (im)populaire, non pour ceux qui défendaient les avancées du texte, écartés sans ménagement du débat par le groupe majoritaire.

Cette crispation de la droite sur les positions les plus rétrogrades n’est pas seulement dommageable pour la recherche. Elle marque une rupture avec la tradition positiviste et scientifique de la France : comprendre le vivant pour mieux servir les progrès d’une civilisation humaniste.

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