Au menu de ma lettre mensuelle les textes qui mobilisent mon attention sur le plan législatif.

Et d’abord, le projet de loi relatif à la participation des citoyens au fonctionnement de la justice pénale. Les fameux jurys populaires… Encore un texte destiné à exaucer les lubies présidentielles !

Ensuite, le projet de loi fixant le nombre de conseillers territoriaux de chaque département et de chaque région. Franchement quelle urgence y avait-il à en faire un texte particulier alors que deux projets de loi visant à définir les modalités d’élection de ces futurs élus sont sur le bureau du Sénat ?

Vous pourrez aussi retrouver mes derniers votes et les réponses des ministres interrogés. C’est notamment le cas de François Baroin concernant le devenir de la brigade des douanes de Quimper, mais aussi de Gérard Longuet, ministre de la Défense, sur sa décision de confier à des sociétés privées l’entraînement de certains effectifs de la marine nationale… Et enfin de Christine Lagarde à propos d’une édifiante enquête réalisée dans le Finistère par l’association UFC-Que Choisir sur l’effectivité du service d’aide à la mobilité bancaire mis en place en 2009.

J’ai découvert ce matin sur le site Marianne2, un article « exclusif » relatif aux travaux que j’ai conduits sur la nécessaire réforme des services de renseignements français.

Ce fut une surprise car le résultat de cette longue réflexion de plus d’une année ne devait être publié, sous la forme d’un essai, que le 5 mai prochain sous la responsabilité de la Fondation Jean Jaurès et non « du PS » comme le laisse penser le titre de l’article en question.

Il va donc de soi que je n’assume aucune responsabilité dans la publication du document qui n’est d’ailleurs pas la version finale (contrairement aux assertions du journaliste) et que je présente mes excuses à tous ceux qui ont participé à nos travaux qu’ils soient hauts fonctionnaires, diplomates ou parlementaires spécialistes des questions de renseignement, de défense et de sécurité intérieure, notamment Floran Vadillo qui a été un rapporteur extrêmement efficace et scrupuleux de nos travaux et qui peuvent légitimement se sentir floués par cette publicité intempestive.

Je regrette enfin que l’auteur de cet article ait agi sans mon autorisation ni celle de la Fondation. Et je donne rendez vous aux personnes qui s’intéressent à ce sujet, jeudi 5, sur le site de la Fondation Jean-Jaurès.

Hier soir, le journal de 20 H de France 2 et j’imagine celui de TF 1 débutait par un reportage sur la baisse du chômage.

Hélas, derrière l’apparence, la courbe continue inexorablement à monter.  En effet, depuis quelques temps maintenant, les statistiques du chômage ne se résument pas à un seul chiffre. Et pour avoir une vision exhaustive de la réalité, il faut regarder toutes les colonnes.

Ainsi si l’on regarde l’addition des catégories A, B et C c’est-à-dire « les demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi », contrairement à ce que dit le gouvernement, la hausse est là : + 4 700 en mars.

Sur une année l’augmentation est même plus significative : + 10,6 % pour les demandeurs d’emploi dans les catégories B et C (demandeurs d’emploi en activité réduite).

C’est au final assez indigne de tenter de faire croire à une amélioration alors que la réalité c’est l’explosion de la précarité en France.

La popularité donne-t-elle une indication sur le résultat de la présidentielle ?

Pour le savoir, il suffit de consulter une petite étude que vient de publier l’IFOP sur son site, grâce à son baromètre réalisé depuis la fin de la IVème République.

On y découvre d’abord que Nicolas Sarkozy est de loin le plus impopulaire des présidents sortants un an avant l’échéance. Seuls 28 % des sondés sont satisfaits de lui. Ils étaient 54 % à avoir le même avis en décembre 1964 pour le général de Gaulle,  45 % pour Valéry Giscard d’Estaing en avril 1980, 56 % pour François Mitterrand en avril 1987 et 56 % aussi pour Jacques Chirac en avril 2001.

Un an après ce baromètre, le général de Gaulle obtenait 55 % des suffrages, Valéry Giscard d’Estaing 48 %, François Mitterrand 54 % et Jacques Chirac 82 %.

Il ne faut pas aller plus loin dans la recherche d’indications. Notons simplement que les points communs souvent soulignés entre VGE et Sarkozy (jeunesse, ouverture politique au début de leurs mandats, crise économique…) s’arrêtent s’agissant de l’indicateur de popularité.

Dimanche c’était la journée nationale du souvenir de la déportation.

Nous étions bien peu avec Bernard Poignant accompagné de ses adjoints Laurence Le Moigne et Piero Rainero et d’Anne Marie Ferec élue municipale sur les allées de Locmaria pour nous rappeler qu’il y a 66 ans, s’ouvraient les portes des camps de concentration sous les coups de boutoir des forces alliées.

Des milliers d’hommes et de femmes rescapés de ces camps d’extermination et de concentration, allaient ensuite témoigner, au nom de millions de morts et de disparus, du danger mortel que recélait un régime établi sur la négation des droits de l’être humain, par son avilissement et sa mort.

A l’issue de la cérémonie, quelques uns ont chanté le « chant des marais », écrit en 1933, bien avant le début de la guerre mais après l’arrivée d’Hitler au pouvoir par des prisonniers allemands qui étaient pour la plupart des adversaires politiques du régime nazi. Une chanson qui évoque les travaux forcés dans les marécages du camp de Borgemoor en Basse Saxe. Une manière de rappeler que tous les allemands ne furent pas complices de ce régime d’oppression qui organisa scientifiquement la destruction d’êtres humains.

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