Comme son prédécesseur, Claude Guéant va taire le nombre des voitures qui seront incendiées dans la nuit prochaine.

Mais même les chiffres qu’il va publier traduiront le fait que le gouvernement ne cherche plus à rétablir l’ordre mais simplement à contenir les désordres.

Si cette année, la mobilisation des unités de forces mobiles est légèrement inférieure à celle de l’an passé, ce sont encore pas moins de 66,5 compagnies républicaines de sécurité et d’escadrons de gendarmerie mobile qui seront déployés (contre 68,5 en 2010).

Cette démonstration de force est pourtant éphémère puisqu’en 2012, le gouvernement va supprimer 3 148 emplois  (1 682 pour la police, 1 466 pour la gendarmerie) allant ainsi à l’encontre de l’intérêt général.

Sur le quinquennat 13 338 emplois (ETPT) de policiers et de gendarmes auront disparus dont 7 876 pour la seule police et 5 512 pour la gendarmerie. Ainsi au 31 décembre 2011, le nombre de policiers et de gendarmes est inférieur aujourd’hui de 2 844 ETPT à celui enregistré en 2002.

J’ai voté en faveur de Jean-Pierre Le Goff, le nouveau patron de la faïencerie HB Henriot (il faut d’ailleurs dire maintenant Henriot-Quimper) comme « Quimpérois de l’année » sur le site d’Ouest France, comme j’avais voté pour lui dans le courant de ce mois comme « Breton de l’année » sur celui du Télégramme.

En juillet dernier, alors que l’entreprise était placée en redressement judiciaire, il avait le soutien du comité d’entreprise pour la reprendre, même si son projet ne permettait de ne conserver que 26 des 50 salariés (notamment les postes de production).

Un mois plus tard, il rachetait aussi l’autre faïencerie de la ville, la « Faïencerie d’Art Breton » permettant ainsi l’établissement d’une synergie que nous espérons tous féconde. Ainsi en quelques jours, la faïence quimpéroise vivait une révolution. Et après des années de déprime, nous sommes nombreux à espérer que cela amorcera une renaissance.

Parce que l’emploi est la préoccupation de tous, en votant pour lui, c’est son engagement personnel que je voulais saluer.

Cette année 2011 a vu les élections dans 11 pays. Partout, le contexte de crise, et – presque – partout la même sanction des sortants.

En Irlande, véritable séisme politique lors des législatives anticipées du 25 février qui interviennent après l’adoption du plan de sauvetage international du pays. Le Fianna Fail – parti au pouvoir – sort laminé, par le Fine Gael (principal parti d’opposition – centre droit) qui échoue toutefois à atteindre la majorité absolue. Le parti travailliste double son score de 2007 et égale son record de 1992 avec 19,4 % des premières préférences des électeurs.

En Finlande, les législatives du 17 avril ont vu la considérable percée des « Vrais Finlandais » qui sont devenus le 3e parti du pays faisant quasiment jeu égal avec le Parti social-démocrate (SPD). Les populistes sont les seuls à progresser et à accroître leur nombre de députés.

A Chypre, le Rassemblement démocratique (droite – opposition) est arrivé en tête des élections législatives du 22 mai avec 34,28% des suffrages. Il devance le Parti progressiste des travailleurs (communiste) du président de la République Demetris Christofias qui a obtenu 32,67% des voix. Chypre est en effet le seul pays de l’Union européenne où le parti communiste est au pouvoir après avoir été élu démocratiquement (avec le Népal mais qui n’est pas dans l’Union…).

Au Portugal, les législatives se sont déroulées en juin et elles ont consacré le parti d’opposition (PSD) qui gagne près de dix points au détriment du parti socialiste de José Socrates, premier ministre sortant.

Au Danemark, en septembre, le « bloc rouge » composé de 4 formations de gauche remporte la consultation, battant le « bloc bleu » du premier ministre sortant le libéral Lars Lokke Rasmussen. La leader du SD, la social-démocrate Helle Thorning- Schmidt dirige maintenant le gouvernement.

En Lettonie, le 17 septembre, un parti de gauche est arrivé en tête des élections législatives pour la première fois depuis 1991, année où le pays a recouvré son indépendance.  Le parti centriste  du Premier ministre sortant Valdis Dombrovskis, n’obtient que 18,83% des voix et arrive en 3ème position. Il sera pourtant reconduit ayant réussi à forger une coalition gouvernementale.

En Espagne, le Parti populaire (PP), principal parti d’opposition, dirigé par Mariano Rajoy, s’impose largement aux élections parlementaires du 20 novembre en Espagne en recueillant 44,62% des suffrages. Il remporte la majorité absolue la plus large de son histoire et peut donc gouverner seul, sans être obligé de faire alliance avec des partis nationalistes ou régionaux comme c’était le cas jusqu’à présent. Le Parti socialiste ouvrier (PSOE) du Premier ministre sortant José Luis Rodriguez Zapatero, emmené par Alfredo Perez Rubalcaba, a essuyé un revers considérable obtenant 28,73% des voix et 110 sièges, soit -59 députés.

En Slovénie, au début de ce mois, surprise aux élections législatives où un nouveau parti de gauche devance le Parti démocrate (droite) et le Parti social-démocrate (SD) du Premier ministre sortant Borut Pahor qui enregistre un net recul.

De même en Croatie, aussi début décembre, la coalition « l’Alliance pour le changement »  emmenée par le Parti social-démocrate (SDP), principal parti d’opposition arrive en tête des législatives avec 44,5% des suffrages. Elle  bat nettement l’Union démocratique (HDZ) de la Premier ministre sortante Jadranka Kosor qui n’a obtenu que 22,1% des voix.

Dans cette liste, je ne trouve que deux pays où les électeurs ont conforté nettement le premier ministre sortant.

La Turquie d’abord où l’AKP du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan est arrivé en tête des législatives du 12 juin avec 49,91% des suffrages et 326 sièges à la Grande Assemblée nationale, chambre unique du parlement. Ce parti musulman démocrate devance le Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition qui a obtenu 25,91% des voix et 112 sièges (+ 23) et le Parti de l’action nationaliste (MHP), parti ultranationaliste de Devlet Bahceli, qui a recueilli 12,99% des suffrages et remporté 53 sièges (- 18). L’AKP a augmenté son nombre de voix mais a obtenu moins de députés que dans la précédente législature en raison du système de vote proportionnel.

Ensuite la Russie… où le parti au pouvoir, Russie unie (ER), est arrivé en tête le 4 décembre. Cette formation dirigée par Vladimir Poutine a recueilli 49,54% des suffrages et remporté 238 sièges à la Douma, chambre basse du Parlement, conservant la majorité absolue.

Morceaux choisis des vœux de Nicolas Sarkozy le 31 décembre 2010

Mes chers compatriotes,

[…]Grâce au travail des Français, à leur courage, à leur capacité d’adaptation, à la force de notre économie, aux avantages de notre modèle social, la récession fut moins sévère et d’une durée plus courte que ce que connurent nombre de nos partenaires.

Et l’année 2011 s’annonce comme porteuse d’espérance. La croissance revient. Les grandes réformes engagées commencent à porter leurs fruits. Nos universités enfin autonomes s’ouvrent et se modernisent comme jamais elles ne l’ont fait dans le passé. […] Nos entreprises utilisent à plein le crédit d’impôt recherche pour innover. Plus de 5 millions de salariés ont effectué des heures supplémentaires entièrement défiscalisées, tant pour eux-mêmes que pour les entreprises qui les ont employés, ce qui a permis de soutenir le pouvoir d’achat malgré la crise. Notre système de retraite a été mis à l’abri de la faillite inéluctable qui le guettait si nous n’avions rien fait. Ce sont les pensions de nos aînés qui ont été sauvées et pour la première fois, la France a pu affronter une réforme capitale sans violence et sans blocage grâce au service minimum qui a bien fonctionné et à l’esprit de responsabilité des Français qui savaient bien que ce rendez-vous pour douloureux qu’il fut était inéluctable. Je veux rendre hommage à leur maturité et à leur intelligence collective.

L’Europe dans la tempête a su faire face certes pas assez complètement et souvent pas assez rapidement mais l’Europe a tenu et l’Europe nous a protégés.

[…] Ma conviction la plus intime pour 2011 est qu’il nous faut continuer inlassablement à renforcer nos atouts et à effacer nos points faibles en étant plus compétitifs, en formant mieux nos jeunes, en travaillant mieux, en réduisant nos dépenses publiques et nos déficits sous peine de voir notre indépendance gravement menacée. Regardons ce qui s’est passé en Europe. Les pays qui ont voulu vivre au-dessus de leurs moyens sans penser aux lendemains ont été lourdement sanctionnés. Mon premier devoir est de protéger la France de cette perspective. La France tiendra donc ses engagements en équilibrant ses comptes. Je ne transigerai pas sur cet objectif.

2011 doit donc être une année utile pour les Français. La difficulté ne compte pas lorsque sont en jeu l’intérêt de la nation et le bien commun des Français.

Mon devoir est de privilégier en toutes circonstances l’intérêt général. Jusqu’à la dernière minute de mon mandat je n’aurai d’autre règle que celle-là. Nous allons donc continuer à réformer parce que c’est la seule façon de préserver notre modèle et notre identité, c’est la seule façon de protéger la France et les Français. Les protéger de la dépendance car chacun a le droit à sa dignité face aux souffrances du grand âge. Les protéger des délocalisations en harmonisant notre fiscalité avec nos voisins Allemands. Les protéger de la violence chaque jour plus brutale de la part de délinquants multi-réitérant en ouvrant nos tribunaux correctionnels aux jurés populaires. Ainsi c’est le peuple qui pourra donner son avis sur la sévérité de la réponse à apporter à des comportements qui provoquent l’exaspération du pays.

[…] Je ferai mon devoir en écoutant, en dialoguant, mais lorsque le moment sera venu, en prenant les décisions qui s’imposent dans un esprit de vérité et de justice.

Tout au long de l’année, mes chers compatriotes, la France portera la lourde responsabilité de la double présidence du G 20 et du G 8. Elle défendra l’idée d’un monde plus régulé, moins brutal où l’interdépendance oblige chacun à davantage écouter l’autre.

Mes chers compatriotes, je veux vous adresser mes vœux, mes vœux de bonheur les plus sincères et les plus chaleureux pour cette année 2011. […]

Sans commentaires…

Il y a presque cinq ans, en mai 2007, lors de l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République, 3 231 500 personnes étaient inscrites à Pôle emploi ; aujourd’hui, on en compte 4 244 800 (en totalisant les catégories A, B et C).

Ainsi, novembre a été pire qu’octobre et sans doute moins pire que décembre qu’on connaîtra en janvier. Depuis la rentrée, on compte chaque jour 1 000 chômeurs de plus ! 

Pour la Bretagne, nous sommes passés de 188 500 chômeurs (catégories A, B et C) à 198 700, soit une progression de 102 000 personnes, + 5,4 % (comme la moyenne nationale).

Derrière les effets de manche, derrière les coups politiques – qui pourrait être dupe des visées électoralistes du prochain « sommet pour l’emploi » : il est temps de s’en préoccuper à 4 mois de l’élection présidentielle! – voilà le résultat de la politique de Nicolas Sarkozy: un million de demandeurs d’emploi supplémentaires en une mandature ! Un chômage au plus haut depuis 1999 et une hausse de plus de 5% sur un an…

La politique voulue par le chef de l’Etat porte une responsabilité énorme dans cette dégradation continue, qui ne semble pas devoir s’arrêter selon les prévisions qui voient la France en récession.

Cadeaux fiscaux, subventions aux heures supplémentaires, plans d’austérité, baisse du budget de l’emploi, compression du pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires par la création de taxes et prélèvements nouveaux, refus de mettre en place un véritable plan de relance : cette addition ne peut que conduire à la hausse du nombre de demandeurs d’emploi et à l’atonie de la croissance.

La politique voulue par M Sarkozy est en échec, il est grand temps d’en changer.

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