Hier soir, à Brest, le conseil fédéral du PS accueillait Harlem Désir, secrétaire national à l’organisation.

Nous discutons en effet en ce moment d’un long texte intitulé « Pour un nouveau modèle de développement économique, social et écologique« . Celui-ci a été présenté et adopté au conseil national qui s’est tenu mardi. Et il a été voté à l’unanimité. Il appartient maintenant aux adhérents qui doivent en débattre et l’enrichir s’ils en ressentent la nécessité.

Je crois que le visage que le PS présente ainsi au pays est le bon. Un parti qui travaille collectivement, qui débat et qui élabore des réponses aux problèmes du pays, aux attentes des Français.

Il y a je crois, un cercle vertueux entre le travail sur le fond, le travail collectif et l’unité des socialistes. C’est l’une des clés de notre succès à l’avenir. C’est aussi – heureusement – l’état d’esprit qui règne dans les sections et les fédérations ;

Une partie des commentateurs s’étonne de notre unité. Au fond, quand nous ne sommes pas d’accord, ils nous le reprochent, et ils ont raison. Et voilà que, quand nous sommes d’accord, ils nous le reprochent aussi. Alors autant être d’accord. Cela fait une grande différence pour les Français et pour la qualité de notre travail.

Demain, l’Assemblée doit débattre d’une proposition de loi du groupe Nouveau Centre. Elle vise à créer un cadre spécifique pour les maisons d’assistants maternels.

Le contexte de pénurie en matière de garde d’enfants explique cette initiative. En effet, Nicolas Sarkozy avait promis la création de 400 000 places durant son mandat. Deux ans, plus tard, ce chiffre fut ramené à 100 000 en accueil collectif et 100 000 en accueil individuel.

Pour tenter d’y parvenir, la majorité organise la dérégulation de ce secteur en poursuivant une logique sacrifiant la qualité à la quantité.

Ainsi ce texte, auquel nous allons nous opposer, opère une confusion inquiétante entre l’accueil individuel et collectif. Il permet à 4 assistants maternels d’accueillir ensemble jusqu’à 4 enfants chacun, soit 16 enfants au total.

Si la micro-crèche, dispositif pouvant accueillir jusqu’à 9 enfants, est considérée comme une forme d’accueil collectif, comment expliquer que les maisons accueillant 16 enfants ne constituent pas une forme de collectivité ?

Le projet est d’autant plus grave qu’il abaisse le niveau d’exigence professionnelle puisqu’il réduit la formation préalable des assistants maternels à 30 h.

Evidemment même si le sujet ne figure pas à l’ordre du jour de l’Assemblée qui reprend aujourd’hui ses travaux, le niqab est le centre de toutes les conversations.

C’est d’ailleurs le premier succès de Nicolas Sarkozy : imposer le débat alors même qu’une majorité de français estime qu’il n’est pas prioritaire ! Belle manœuvre réussie de diversion.

Naturellement, pour tenter de pousser son avantage, le gouvernement va vouloir aller vite. Heureusement, pour la première fois depuis la révision constitutionnelle de juillet 2008, hier les deux présidents des Chambres ont indiqué à François Fillon que la sérénité des futurs débats était peu compatible avec la célérité. Il faut donc souhaiter que l’exécutif laisse le législatif faire son travail sans engager la procédure accélérée.

Sur le fond, je trouve étonnant que le gouvernement ait sollicité le Conseil d’Etat pour avoir un avis argumenté sur le cadre juridique possible d’une éventuelle loi et qu’il décide de ne pas en tenir compte. En définitive, la haute juridiction administrative n’est pas mieux considérée que le Parlement… Mais je ne suis pas sûr qu’il faille s’en féliciter.

Hier après-midi, j’étais avec Bernard Poignant l’invité de l’association culturelle turque de Quimper que préside Mehmet Yilmaz.

Le 23 avril est en effet en Turquie la fête de la souveraineté nationale et de l’enfance.

Elle rappelle la première réunion, en 1920, de la Grande assemblée nationale à Ankara, pour préparer la guerre d’indépendance (c’est l’acte de fondation du futur régime républicain, alors que la monarchie ottomane était toujours en place).
 
Mustafa Kemal Atatürk avait proposé que ce jour-là les enfants prendrait le pouvoir… pour la journée. Ainsi dans toutes les villes, ont lieu des fêtes au sein des écoles, des écoliers sont élus ministre, députés, maire… Certains sont invités à « occuper » le bureau de ces élus…

A Quimper, pour le moment, nous n’en sommes pas là :-). L’Association a privilégié au Pavillon les chants, des poèmes, des sketchs et des danses. Mais l’an prochain qui sait ?

C’est aujourd’hui la journée nationale de du souvenir des victimes et des héros de la déportation. J’ai donc participé ce matin sur les allées de Locmaria à la cérémonie patriotique.

Au moment des allocutions à la mairie, j’ai découvert dans le hall une formidable exposition sur les 54 policiers et gendarmes qui ont été reconnu par le mémorial de Yad Vachem « Justes parmi les nations ».

Ils ont, fréquemment, mis leur vie en péril pour aider les Juifs, notamment des camps de Drancy, à fuir la concentration vichyste et l’extermination nazie. Nombre d’entre eux ont été torturés par la Gestapo et la milice française au service de l’occupant, des centaines fusillés ou déportés.

En ayant eu le courage de suivre leur conscience plutôt que les ordres de leur hiérarchie, leur souvenir nous rappelle que l’Histoire est constituée d’une longue chaîne de responsabilités, individuelles et collectives, et que chacun de nous en est un maillon précieux qui fait que l’Histoire chavire ou au contraire avance.

« Désobéir pour sauver » aurait pu être la devise de ces derniers « gardiens de la Paix » authentiques jusqu’au sacrifice, aujourd’hui au fronton de l’éthique de leurs institutions respectives.

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