Cette décision est logique et saine. Je ne comprends pas les réactions de Ségolène Royal, d’André Vallini ou de Jacques Le Guen sur le thème «laissons Chirac tranquille, les faits sont anciens »…

Cela montre simplement deux choses. Tout d’abord que le Président de la République dispose durant la durée de son mandat d’une immunité et non d’une impunité.

Le temps est loin où le monarque, d’essence divine, était considéré comme intouchable. A l’époque, nul ne pouvait porter la main sur lui, sous peine d’être arrêté pour crime de lèse-majesté et soumis aux pires supplices. Il suffit de se rappeler le cas de Ravaillac assassin de Henri IV ou de Damiens qui attenta à la vie de Louis XV, qui furent tous deux écartelés en place de Grève…

Sous la Vème République, depuis 2007, l’individu est responsable mais la fonction est protégée. Aussi longtemps que le premier exerce la seconde, il ne peut être remis en accusation que par les deux assemblées, donc par personne d’autre. Mais à la fin du mandat il redevient un justiciable quelque soit l’antériorité des faits qu’on lui reproche.

Ensuite, que si demain, le juge d’instruction est supprimé, alors bien des dossiers ne connaîtront jamais la lumière. En l’espèce, le parquet avait demandé de classer cette affaire en décrétant un « non lieu »…

Ce soir, je viens de recevoir le pré-rapport de Jean Paul Garraud sur le projet de loi sur la « récidive criminelle« .  Une fois de plus, cette majorité s’apprête à travailler dans l’urgence et à nous faire légiférer dans l’émotion.

Comment en effet ne pas relier ce texte que Mme Alliot-Marie viendra présenter devant la commission des lois mardi et que ladite commission étudiera mercredi (!) avec le contexte judiciaire ? Cela ne nous prépare pas des débats sereins…

A écouter les uns et les autres, l’intention du gouvernement est évidente. Il s’agit de renforcer l’usage de ce que la presse appelle bien maladroitement la « castration chimique » pour certains auteurs d’infractions sexuelles. Le sujet est complexe, c’est pourquoi il faut en mesurer toutes les dimensions.

La première est médicale. Quand on politise un traitement, on sort du champ médical. Il nous faut donc d’abord écouter les médecins et en leur sein les psychiatres. Or si leurs jugements sont mesurés, ils semblent partager une conviction : ces traitements sont efficaces mais ce n’est pas aux surveillants, aux juges ou aux politiques de les décider.

La seconde est politique.  Par exemple : pour la loi, un pédophile est-il un malade ou un délinquant ? S’il relève de la médecine, il n’a pas sa place en prison, mais en hôpital psychiatrique. S’il est un délinquant, il doit être puni et les médecins n’ont pas à intervenir dans la décision de le libérer.

Je ne crois malheureusement pas que nous allons esquisser ne serait-ce qu’un début de réponse..

Ce soir, c’est à Clohars Fouesnant à 18 h 30, dans la salle socio-culturelle située derrière la mairie puis à la MPT de Penhars à Quimper à 20 h 30, que je vous propose une rencontre.

Comme à l’habitude, nous pourrons échanger sur l’actualité et par exemple sur la pétition signée hier avec d’autres parlementaires socialistes pour demander la levée du secret défense.

Mais évidemment, nous pourrons aussi nous concentrer sur les conséquences locales de la crise économique dont la dimension sociale apparaît de manière de plus en plus douloureuse. Voir sur les secousses qu’enregistre en ce moment le Finistère et que résument les noms de Jabil, Livbag, Novatech, Cummins, Asteel, EADS, Papeteries de Mauduit, Nestlé-Purina, Entremont…

Comme l’a tristement rappelé Pierre Maille, lors de l’ouverture de la récente session du Conseil général « du nord au sud, de l’ouest à l’est, de Brest à Quimperlé, de Douarnenez à Carhaix, des centaines de salariés sont licenciés, des centaines d’autres sont dans l’incertitude sur l’avenir de leur entreprise. En un an, le nombre de demandeurs d’emplois a augmenté de plus de 20%, alors que les offres d’emploi reculaient de 14% ». Pourvu que le pire ne soit pas à venir.

J’ai reçu hier à ma demande, une délégation intersyndicale de Pôle Emploi afin de m’inquiéter des dégradations des conditions de travail des salariés et de la détérioration de la qualité du service rendu aux chômeurs.

Leur description de la situation est profondément inquiétante. A l’évidence, le gouvernement et la direction générale de Pôle Emploi n’ont tiré aucun enseignement de la grève du 20 octobre qui fut pourtant marquée par une participation très forte des salariés.

Tous les indicateurs sont alarmants : conditions matérielles et immobilières inacceptables sur certains sites, mise en place de cycles de formation franchement inadaptés pour les personnels, accroissement intolérable des charges de travail, les conseillers étant censés gérer un portefeuille de 150 à 200 demandeurs d’emploi, ce qui interdit de rendre un service de qualité, recours abusif aux opérateurs privés…

J’ai pris la responsabilité d’interpeller la direction générale mais aussi la direction régionale de Pôle Emploi tout comme le ministre de l’emploi pour réclamer une pause dans la fusion et obtenir que de véritables négociations s’ouvrent.

Hier, au nom du PS, je suis revenu sur les violents affrontements entre supporters parisiens et marseillais.

Quelques jours après le saccage du centre-ville de Poitiers le 10 octobre, il était justifié de s’interroger sur la capacité d’anticipation des préfets en matière de maintien de l’ordre et sur l’existence d’une doctrine cohérente d’emploi des CRS.
 
Dans ces deux cas, l’Etat s’est montré incapable d’assurer le maintien de l’ordre public. Pendant des heures, en plein centre-ville, en plein jour, plusieurs dizaines d’individus ont pu se livrer à des destructions de biens publics et à des violences, il y a là à tout le moins une carence inquiétante en matière de sécurité.

En sus, le 29 septembre dernier, Brice Hortefeux annonçait vouloir créer une section spécialisée dans la lutte contre les hooligans et « éradiquer la violence des stades ». Cet « engagement » fait suite aux nombreuses promesses de la droite et de Nicolas Sarkozy depuis 2002 sur le même thème… 

À Marseille, pendant plusieurs heures, c’est dans les rues qu’était la violence

Facebook

Twitter