Il n’y a, pour le PS français, probablement pas grand-chose à retirer de l’écrasante victoire du PDJ au Japon hier.

Quelle est sa cohérence politique ? Fondé le 28 septembre 1996, par 57 dissidents d’autres partis politiques, il n’est qu’un assemblage hétéroclite de transfuges du PLD qui se sont découverts « réformistes » lorsqu’ils s’en séparèrent, d’ex-socialistes soutenus par la confédération syndicale Rengo voire de conservateurs. Il ressemble donc à un syndicat électoral dont les membres ne partagent guère d’idées communes.

Quelle est sa stratégie ? Bien fragile puisqu’elle se résume pour des personnalités à miser individuellement leurs sièges sur la popularité de quelques uns.

Qui est son leader ? A 62 ans, Yukio Hatoyama est à la fois un professionnel, un notable, un homme du sérail et l’héritier d’une dynastie de politiciens et d’industriels. Il fut d’ailleurs désigné en mai dernier par les « grands électeurs » du parti, députés et sénateurs. Les militants lui auraient certainement préféré Katsuya Okada, le « M. Propre » du parti, plus jeune et plus radical, pour rompre avec le clientélisme et les soupçons de dérives qui accablent régulièrement le personnel politique japonais.

Quel est son programme ? Il met l’accent sur les questions sociales, et promet notamment une augmentation du salaire minimum, un renforcement des allocations chômage, des allocations familiales et de retraite. Et tout ceci, sans augmenter fortement les impôts. Les mesures seraient financées par la chasse au gaspillage dans les dépenses publiques.

Combattif !

30 août 2009 9 Commentaires

Retour de la Rochelle et donc reprise de ce rendez vous quotidien sur ce blog. Je m’y étais rendu préoccupé, j’en reviens rassuré.

Alors que la rentrée s’annonce épouvantable pour bien des familles, la totalité de l’intervention finale de Martine Aubry fut consacrée aux questions économiques et sociales.

Mordante sur l’inaction du gouvernement, elle a multiplié les propositions concrètes comme le maintien des allocations familiales pour les enfants majeurs de plus de 20 ans ou le remboursement de 200 euros de TVA pour les 16 millions de ménages qui ne sont pas imposables.

Alors que seul le CAC 40 se redresse et avec lui les bonus des traders et des dirigeants des banques, elle a rappelé que les socialistes demandaient une loi plafonnant les écarts de rémunération, limitant fortement les bonus – en décidant par exemple qu’ils ne dépassent pas la part fixe du salaire-, interdisant les parachutes dorés et les stock-options sauf pour les entreprises naissantes.

Alors que la situation des jeunes va profondément se dégrader bien qu’ils soient déjà un sur quatre à vivre en dessous du seuil de pauvreté, qu’ils soient les premiers à être frappés par le chômage mais les derniers à être indemnisés, elle a avancé l’idée d’un grand plan de 150 000 emplois-jeunes dans l’économie verte et des services aux personnes.

Alors que la crise économique sans précédent depuis 1929, entraîne une explosion de la précarité et du chômage, une chute de l’investissement et le recul de la consommation si l’on excepte l’achat d’automobiles, Martine Aubry a montré que les socialistes, quand ils savaient se rassembler, pouvaient être utiles aux Français.

Le directeur adjoint de la rédaction du Figaro, Yves Théard, m’interpelle dans son éditorial du jour. Il s’étonne de ma position sur la vidéosurveillance.

Je me fais donc un plaisir de préciser mon point de vue. Il faut d’abord rappeler que les déclarations de Brice Hortefeux sur ce sujet ne marquent pas une orientation nouvelle du gouvernement de François Fillon.

En effet, depuis juillet 2007, Madame Alliot-Marie avait lancé un vaste plan d’équipement visant à « tripler », « d’ici la fin 2009», les capacités de vidéosurveillance existant en France afin « de protéger les Français contre le risque terroriste et un certain nombre de risques de violences ».

L’élément nouveau réside dans la publication par son journal d’un rapport de l’Inspection générale de l’Administration (IGA), un « service au dessus de tout soupçon » comme l’écrit Jean Marc Leclerc.

Or il y a 4 ans, un rapport de la même inspection générale intitulé concluait qu’un tel plan n’était pas « l’orientation souhaitable ».

Commandé en août 2005 par le ministère de l’intérieur pour étudier l’impact de vidéosurveillance dans la lutte contre le terrorisme en France, le rapport est signé P. Melchior qui écrit (p 12) : « Une politique d’équipement généralisé n’est pas l’orientation souhaitable pour les années à venir ; une définition de secteurs prioritaires est plus conforme à l’ordre juridique, aux contraintes financières et aux besoins opérationnels. (…) Tout d’abord, dans le cadre de notre organisation juridique, un équipement généralisé n’est pas souhaitable pour le bon exercice des libertés publiques. Financièrement, ce serait une solution extrêmement coûteuse, contraire au bon usage des deniers publics, qui peuvent être mobilisés contre le terrorisme par d’autres canaux, notamment par le renseignement. D’un point de vue opérationnel, la stratégie policière antiterroriste ne sortirait pas automatiquement renforcée d’une couverture très large du territoire. Trop d’images caméras tuent sinon les images, du moins la possibilité d’exploiter de façon intelligible un flux d’images surabondant ».

Et l’auteur du rapport concluait logiquement en appelant à une hiérarchisation des priorités et à un usage raisonné des systèmes de façon à cibler des espaces précis…

Sur le fond, l’un des objectifs affichés par Brice Hortefeux est de protéger les Français contre les risques de violences. Or, chacun commence à le reconnaître, les victimes se multiplient, « les atteintes volontaires à l’intégrité physique » n’ayant cessé d’augmenter selon les statistiques officielles. Il en est de même, depuis 1 an, avec les vols avec une arme à feu.

Ces chiffres ne font que confirmer ce que l’on savait déjà, en particulier grâce à la lecture des travaux de recherche menés par les criminologues britanniques depuis plus de 15 ans.

Que disent-ils ? La vidéosurveillance n’a pas d’effets dissuasifs concernant les infractions les plus graves commises contre les personnes (homicides, viols, agressions, etc.) ou les infractions commises avec violence contre des biens (attaques à main armée, etc.). Toutes les enquêtes publiées en Grande-Bretagne dressent le même constat.

Les chercheurs, dont la compétence n’a jamais été mise en cause Outre-Manche, ont rappelé à ce sujet des choses simples : les comportements de nature impulsive (liés à la consommation d’alcool ou de drogues par exemple) sont imprévisibles ; quant aux délinquants « professionnels », ils ont pris en compte depuis fort longtemps l’existence de dispositifs d’alarme et/ou de détection dans leur plan d’action.

L’an dernier, en matière d’élucidation, un haut fonctionnaire du Home Office (Mike Neville) faisait la déclaration suivante lors d’un colloque international consacré à la sécurité : « Des milliards de livres ont été dépensés, mais personne n’a pensé à réfléchir à la façon dont la Police et la Justice devaient utiliser ces images. C’est un fiasco [en français dans le texte] total : seuls 3% des crimes et des délits ont été résolus grâce à la vidéosurveillance. » (The Guardian, 6 mai 2008).

D’où mon interrogation sur le fait que le gouvernement français ne semble tirer aucun enseignement de l’expérience accumulée par nos voisins en matière de vidéosurveillance depuis plus d’une décennie ?

Juste ce petit mot pour dire mon agacement devant le comportement de l’Administration pénitentiaire.

En effet, non seulement la France détient le lamentable record européen des suicides en prison mais le chiffre officiel se révèle être un mensonge…

En effet, selon l’Administration pénitentiaire, les seuls suicides reconnus (81 tout de même en un an !) sont ceux qui interviennent par pendaison !

C’est la seule conclusion à laquelle on parvient en prenant connaissance du document interne à cette administration que l’Observatoire International des Prisons vient de publier.

C’est à l’évidence avec beaucoup de mauvaise foi que l’Administration Pénitentiaire refuse d’admettre une réalité nettement plus inquiétante. Un certain nombre de décès accidentels survenus après ingestion de médicaments devraient être reclassés en suicide après examen des résultats d’autopsie.

Comme à chaque fois qu’un drame intervient en détention, le gouvernement promet la transparence et des mesures nouvelles… en attendant le prochain malheur.

A la veille du débat en commission des lois de l’Assemblée prévu pour le 8 septembre, Michèle Alliot-Marie doit assumer la triste réalité de nos prisons et reconnaître que la prévention des suicides relève de la santé publique et non du ministère de la justice.

Le temps maussade qui s’est installé depuis quinze jours à Quimper aura eu raison de mon optimisme.

Je pars demain pour la ville où le soleil ne se couche jamais : Montpellier.

Il parait que là-bas, entre la Provence et les Pyrénées, au cœur de la plaine languedocienne, il y a en moyenne 300 jours de soleil par an. Je vais donc aller refaire mon stock de vitamine D, histoire d’attaquer en forme un automne qui se devra d’être combatif.

Ce blog va donc s’interrompre. Je ne sais encore quand j’en reprendrais le cours. Avant l’université d’été du PS à La Rochelle ? Après ? Disons tout simplement dès que les batteries seront regonflées. Bonne fin de mois d’août !

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