Vœux du maire de Quimper ce matin à l’hôtel de ville. Beaucoup de monde comme tous les ans mais à la différence de son prédécesseur, Bernard Poignant a heureusement tenu un discours politique.

Cette année démarre, en effet, dans des circonstances exceptionnelles. Le pouvoir d’achat ne cesse de baisser. Le chômage a déjà frappé dans tout le pays des dizaines de milliers de salariés (cf. l’annonce à Rennes de centaines de licenciements). Une récession profonde frappe notre continent et évidemment la France. Et pourtant, notre pays est devenu l’un des seuls en Europe à ne pas avoir un plan de relance digne de ce nom.

Tous les jours, les prévisions des économistes se vérifient dans les détresses concrètes de ceux que je rencontre et notamment les Quimpérois les plus vulnérables. La gravité du moment imposait donc de faire preuve de responsabilité et d’un engagement total.

C’est ce qu’a fait la municipalité dans ses choix budgétaires pour 2009 marqués tout à la fois par le souci de la solidarité (modération dans la fiscalité et subvention de 2,6 millions d’euros pour le CCAS) et la détermination à agir pour soutenir l’économie (25,6 millions d »euros !). La chaleur des applaudissements à montré que ce discours était partagé !

La journée d’hier a été utile. D’abord parce qu’elle a été massive, puissante et évidemment lourde de sens.

Il suffisait de lire les banderoles – celles de Rennes pour ma part – pour comprendre que ceux qui défilaient sous l’œil solidaire de l’opinion indiquaient combien ils étaient lucides sur la dureté de la crise, sur l’étroitesse des marges de manœuvre. Mais en même temps, ils démontraient aussi qu’ils n’étaient pas prêts à tout accepter, à tout subir en baissant la tête dans l’attente de jours meilleurs.

Ensuite parce qu’elle impose une réponse de la part du pouvoir. Le pire serait en effet qu’il attende, qu’il soit tenté de faire gros dos, ou d’imaginer la répétition en moins fort. Nicolas Sarkozy, ivre de sa prétendue puissance peut se laisser aller à la suffisance et espérer que le 29 janvier ne fut qu’un moment. Ce serait une erreur dramatique, on n’a jamais raison tout seul.

Sa seule piste est de changer de politique. A cette seule condition, pourra se réduire le  sentiment d’injustice que connaissent les Français, le sentiment que ce sont les plus faibles, les « petits » qui trinquent, alors que les dirigeants économiques sont épargnés.

Aujourd’hui je n’étais pas parmi les 15 000 personnes qui ont défilé à Quimper et je le regrette. Telle était bien mon intention mais j’étais convoqué, à la demande des avocats Yann Choucq et Vincent Omez, devant la cour d’assise de Rennes pour témoigner sur l’état des prisons.

J’en ai profité le matin pour découvrir la maison d’arrêt de Rennes, située boulevard Jacques Cartier au cœur de la ville. Elle accueillait ce matin 487 détenus pour 280 places… Encore et toujours la surpopulation. Au 1er janvier, notre pays comptait 12 669 détenus en surnombre selon les chiffres précis de Pierre V. Tournier.

La maison d’arrêt est la plus vétuste que je connaisse puisqu’elle date de 1903. J’ai demandé à visiter le quartier disciplinaire, les parloirs et le service médico-psychologique régional dont la mission est notamment d’assurer le dépistage des troubles psychiques. Et une nouvelle fois en passant le porche deux heures après y avoir pénétré, je n’étais plus le même homme.

Aussi lors de mon témoignage devant la cour d’assise en regardant les jurés, je n’ai eu de cesse de leur faire partager ce que je venais de voir. Eux qui allaient juger, je voulais qu’ils comprennent ce que c’est que l’univers carcéral et l’indignité de notre pays qui accepte ce scandale permanent.

Après le vote sur la motion de censure, l’ordre du jour de l’Assemblée prévoyait le vote solennel sur le projet de loi organique réformant la procédure parlementaire.

Au nom du groupe socialiste, j’ai fait l’explication de notre « non-vote ». La sensation était étonnante. En effet, puisque nous avons décidé de ne pas participer au vote et que nous boycottons les questions d’actualité, j’étais seul sur les bancs face à des députés UMP très nombreux…

Sous leurs exclamations, j’ai donc rappelé que seule la droite porte la responsabilité de la crise politique que connaît l’Assemblée. C’est la volonté de concentration des pouvoirs par Nicolas Sarkozy que nous voulons contrarier. C’est à la tentation permanente de Jean-François Copé de chercher à humilier l’opposition que nous nous sommes opposés. C’est la partialité de Bernard Accoyer que avons combattue.

Ce projet de loi visait à rogner un peu des droits de l’opposition. Il espérait museler le parlement. Il comptait étouffer la voix de ceux qui contestent la politique de l’UMP. Il n’a réussi qu’à décupler notre détermination.

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La motion de censure débattue aujourd’hui était la 104ème déposée depuis 1958. Personne ne doutait de son issue : comme les 102 précédentes, elle fut rejetée, la droite disposant d’une majorité absolue au sein de l’hémicycle.

Une seule a abouti à la démission du gouvernement : le 5 octobre 1962. le premier ministre Georges Pompidou fut alors renversé en réaction à la décision du général de Gaulle d’instituer l’élection du Président de la République au suffrage universel direct. Suite à cette censure, l’Assemblée fut dissoute…

Mais ce n’est pas parce qu’elle n’avait aucune chance d’être votée qu’il ne fallait pas la déposer. La motion de censure est un acte grave par lequel l’opposition prend date. Elle peut ainsi solennellement mettre en garde le gouvernement sur les conséquences de sa politique.

C’est ce qu’a fait tout à l’heure Jean Marc Ayrault dénonçant « l’inaction économique » des dirigeants face à la crise soulignant que rien dans les politiques conduites ne semblait empêcher, hélas, les ravages de la « tempête financière dont l’essentiel des conséquences est encore devant nous, car la crise économique et sociale qui en résulte s’installe et s’aggrave ».

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