id1276672_29_lamy_ap_221900_00h5j3_0_jpg.jpgHélas, donc plus de 30 heures de négociations n’ont pas suffi à réduire l’écart entre les Etats-Unis d’un côté, l’Inde et la Chine de l’autre.

Les Etats-Unis ne voulaient pas concéder aux pays émergents le droit de se protéger contre une augmentation brutale des importations de denrées agricoles comme le coton, le soja ou le riz. L’ouverture des marchés émergents est en effet apparue à tous comme une contrepartie indispensable aux efforts fournis par les pays développés, aussi bien en matière agricole que dans le secteur industriel.

L’échec du cycle de Doha traduit une évolution profonde de la donne économique et politique mondiale. La conférence de Genève a été marquée par l’entrée de la Chine dans le cénacle des sept Etats réunis autour de Pascal Lamy pour tenter de trouver un compromis, aux côtés du Brésil et de l’Inde. Le rapport des forces en présence à l’OMC a changé. Un accord entre les Etats-Unis et l’Europe suffit de moins en moins à construire les bases du consensus multilatéral. Il faut désormais compter avec les puissances émergentes, tout en se mettant à l’écoute des pays les plus pauvres, comme l’a fait l’Union européenne.

Pour autant, cette impasse ne doit pas remettre en cause l’OMC qui constitue une des meilleures potentialités de la régulation des affaires économiques mondiales, que la mondialisation rend toujours plus nécessaire.

20070924woerthbachelot.jpgIl y a un an, au cœur de l’été, sur le même sujet, face à la même dégradation de la situation financière de la sécurité sociale, la droite invoquait la responsabilité individuelle des assurés.

Cette année, elle n’a plus d’alibi possible. Le déficit est dû à l’inaction du gouvernement qui a renoncé à toute véritable démarche de maîtrise médicalisée des dépenses, et qui a baissé les bras face à l’atonie économique.

Chacun peut constater que l’objectif d’équilibre des comptes prévus pour 2007 à travers la réforme Douste-Blazy/Bertrand n’est pas au rendez-vous. Le régime général devrait enregistrer un déficit de près de 10 milliards en 2008 dont plus de 4 milliards pour la seule assurance maladie, pour un déficit cumulé de près de 80 milliards depuis 2002.

Dès lors, le fait de taxer les mutuelles est injuste, car cela va mécaniquement aboutir à une augmentation des cotisations. C’est un nouvel impôt qui sera payé par la grande majorité des assurés sociaux qui verront augmenter leurs prélèvements et réduire encore leur pouvoir d’achat.

De surcroît, ce énième rafistolage annoncé par les ministres Bachelot et Woerth n’est pas à la hauteur des enjeux, car il s’agit de mesures purement financières qui ne s’attaquent pas aux réels dysfonctionnements de notre système de santé. Il ne propose pas de solutions structurelles et ne responsabilise, ni l’Etat, ni l’assurance maladie, ni les prescripteurs.

photo_1217144886491-1-0_acc_shop.jpgHier, le gouvernement a adopté lors du conseil des ministres son projet de loi pénitentiaire. C’est un texte attendu malheureusement pour le moment, il se révèle très en dessous des attentes.

Au nom du groupe socialiste, j’ai publié un communiqué dans lequel j’indique que de notre point de vue, une loi pénitentiaire doit avoir pour ambition de sortir l’univers carcéral de la zone dérogatoire dans laquelle il évolue pour le ramener dans le droit commun. Concrètement, cela vise à faire enfin de la prison à la fois un cadre de référence fixant des normes de qualité accessibles, précises et prévisibles, et un instrument juridique assurant la protection effective d’un détenu reconnu comme sujet de droits.

Hélas, nous en sommes loin. Non seulement cette question a été éludée, mais le champ de la réflexion a été principalement limité à des propositions sur les conditions de détention et les alternatives à l’incarcération. Et encore, sur ce point, la mesure phare destinée à lutter contre la détention provisoire – l’assignation à résidence avec placement sous bracelet électronique – existe-t-elle depuis plusieurs années mais se heurte à des difficultés techniques de mise en oeuvre…

Les organisations syndicales des personnels ne sont pas non plus très emballées, pas plus que les universitaires spécialistes du sujet…

images.jpgDiscussion intéressante en fin d’après midi dans la librairie de Gweltaz Ar Fur avec un député écossais, à l’initiative de l’association Bretagne-Ecosse que préside Pierre Delignière.

J’étais heureux de rencontrer Rob Gibson, élu du SNP. Car son parti incarne à merveille l’un des thèmes récurrent du débat politique : l’avenir des pays est dans leurs régions.

Selon ses laudateurs, face à la mondialisation accélérée de notre économie et de nos moeurs, un seul remède : le réveil régional, la défense de nos particularismes, la préservation de notre identité, la sauvegarde de nos racines !

De prime abord, il n’y a rien de choquant. Après tout, la décentralisation ici comme la dévolution en Ecosse furent des réformes utiles. Dans notre pays, la concentration de l’Etat découlant des effets conjugués du jacobinisme et du colbertisme finissait par être grotesque. Le transfert de nombreuses compétences aux élus locaux afin de rapprocher le pouvoir des citoyens servit efficacement la démocratie.

Mais je garde une réserve sur le fond notamment sur l’impuissance supposée de l’Etat. Maintenant que le monde est un grand marché et que l’Etat est réduit à jouer un rôle peu glorieux d’infirmerie nationale, les régionalistes considèrent que l’Etat a failli et qu’il convient d’imaginer un autre cadre d’organisation.

Au-delà de l’erreur qui consiste à croire qu’il en a été un jour autrement, remarquons qu’à l’échelle européenne, les aspirations régionalistes présentent de semblables caractéristiques. Elles apparaissent dans des régions riches situées en périphérie de vieux Etats-nations. Ensuite, de l’Ecosse à l’Italie du Nord, les dirigeants de leurs mouvements professent souvent une philosophie où dominent leurs propres intérêts. A qui incombe alors l’indispensable – mais fort ingrate – tâche de redistribution en faveur des régions moins bien dotées ?

630parisot-dr.jpgIl y a quelques semaines, le groupe socialiste a auditionné Laurence Parisot, la présidente du MEDEF. C’était la première fois que je la voyais « en vrai ».

Elle fut comme dans les médias. Sous une apparence menue et chétive, elle s’est révèlée conquérante et volontaire. C’est, de fait, ce qui reste à la lecture de cette biographie « non autorisée » comme on dit (c’est-à-dire que l’intéressé à refuser de rencontrer l’auteur).

Fanny Guinochet, journaliste économique a conduit une enquête obstinée, courageuse, bourrée d’informations, où le portrait « psy » de cette intelligence ombrageuse, volontiers complotrice, un rien tueuse, mais dont la volonté de fer cache des fêlures entrevues, ne doit pas enchanter Laurence Parisot.

En cinq chapitres aux intitulés éloquents –  » La justicière « ,  » La conquérante « ,  » La patronne « ,  » La fonceuse « ,  » L’héritière « , elle raconte la vie d’une femme qui n’est pas sans points communs avec Ségolène Royal.

Elles ont toutes les deux bénéficié d’une envie de renouveau. Toutes les deux ont vu qu’il existait un espace dans lequel elles pouvaient s’introduire. Toutes deux ont joué sur leur féminité. Laurence Parisot avant Ségolène Royal –qui a ensuite repris l’idée- a développé les débats participatifs. Elles ont un culot énorme, et une revanche à prendre sur la gente masculine. Ce sont deux femmes qui n’ont peur de rien, parce qu’elles n’ont rien à perdre.

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