Pause

27 juillet 2007 6 Commentaires

arton154.jpgVoilà, ce coup ci, c’est fini, j’arrête. Je coupe. Je pars en vacances. En famille. Vers le soleil. Je vais jouer au paresseux, fascinant animal qui passe 20 heures par jour à dormir…

A ce propos savez-vous comment la paresse s’est retrouvée sur la liste des 7 pêchés capitaux, ces passions qui seraient selon la religion chrétienne, à l’origine de nos mauvaises actions ?

Et bien, c’est tout simplement le résultat d’une erreur historique puisqu’elle n’apparait qu’au XVIIème  siècle, soit onze siècles après l’établissement de la liste définitive fixée par le pape Grégoire le Grand en 590 et où figuraient « l’orgueil », « l’envie » ou la « colère ».

Quelque temps plus tard, pour St Thomas d’Acquin (XIIIème) par exemple, les flemmards avaient encore bonne presse car « paresse » ne faisait que traduire d’une nouvelle manière le mot latin « accidia » que l’on traduisait jusque là par « tristesse ». Les oisifs n’étaient que des mélancoliques…

Mais peu importe, jusqu’au 15 août environ, je vais faire mienne la fin de la phrase de Beaumarchais « ambitieux par vanité, laborieux par nécessité mais paresseux… avec délices ! ».

NB : Et pardon pour les pourriels qui vont salir ce blog d’ici là…

thumb_PS047_l.jpgSi nous ne nous respectons pas, comment les Français pourront ils nous respecter ? Je suis affligé de lire quasi quotidiennement dans la presse, les critiques que les socialistes s’acharnent à porter sur leur parti.

Au hasard des pages du Monde, ces derniers jours, on peut lire « L’immobilisme est la marque du PS » Manuel Valls. « Le parti est complètement nécrosé » Christophe Caresche. « Le BN devient un exercice de déprime collective » Patrick Bloche. Et par charité estivale, je ne reprends pas les derniers poulets des très volubiles Gaétan Gorce ou Arnaud Montebourg…

Pensent-ils sérieusement servir le PS en parlant de la sorte ? Savent-ils que le PS n’appartient à personne, si ce n’est à ses militants ? Ignorent-ils que la planète socialiste dépasse largement la superficie du siège de Solférino ? Sont-ils à ce point exemplaires ces élus, qu’ils peuvent s’élever en procureurs ? Leurs récents comportements, leur manière d’exercer leur mandat sont-ils tellement remarquables qu’ils peuvent donner des leçons ?

En dénigrant ainsi notre organisation, qui a besoin évidemment d’être rénovée, il ne servent que nos adversaires et nourrissent la tristesse de nombreux adhérents. Un calendrier a été voté, y compris par eux, s’ils voulaient montrer l’exemple qu’ils commencent donc par le respecter.

swisstxt20070607_7902008_2.jpgVoilà, c’est fini. L’Assemblée a adopté ce soir et à main levée le projet de loi avec les seules voix de la majorité UMP et Nouveau Centre, nous avons voté contre.

Ce n’était pas, à l’origine, notre intention. Nous étions tenté de choisir l’abstention tant nous étions persuadés qu’il fallait une profonde réforme des universités et nous avions donc retenu le principe d’une attitude constructive.

Les lois Faure de 1968 et Savary de 1984 ne sont plus suffisantes et l’autonomie peut apparaître comme une nouvelle piste. Certes, le terme existait dans ces lois mais les facs sont toujours financées en fonction de critères nationaux, le patrimoine immobilier appartient toujours à l’Etat qui l’entretient fort mal, les procédures de recrutement sont longues et largement critiquées, les carrières des enseignants dépendent uniquement de la qualité de leur recherche et les bourses pour les étudiants sont octroyés par l’Etat.

Il y avait donc matière à agir concrètement. Tel ne fut pas le cas, puisque les seules vraies réformes touchent « gouvernance » des universités. Dorénavant, le président, dont les pouvoirs seront renforcés, sera élu pour un mandat renouvelable de quatre ans par un conseil d’administration qui ne comprendra qu’entre 20 et 30 membres dont « 7 à 8 » personnalités extérieures à l’établissement.

De plus, les universités pourront mettre en place un budget global, recruter plus facilement des contractuels, moduler les obligations de service des enseignants-chercheurs et gérer les primes de l’ensemble des personnels. Ce qui, de notre point de vue, pourrait ouvrir la voie à une certaine privatisation de l’enseignement supérieur

Bref, une occasion manquée de traiter au fond les problèmes que connaît notre enseignement supérieur.

I14asnat.jpgJ’ai quitté l’hémicycle cette nuit à une heure. La première partie des débats s’est étirée de 15 h à 20 h. Hier, après la présentation par la ministre du texte, l’opposition avait déposé des « motions de procédures » pour marquer son hostilité aux conditions précipitées du débat.

Et c’est cet après midi que les articles ont commencé à être étudiés. La séance a repris à 21 h 30 et a donc duré 3 h et demi permettant de débattre de 14 articles.

A chaque fois, le rituel est le même. Si des orateurs sont inscrits sur l’objet de l’article, ils s’expriment en premier. Puis ensuite les inspirateurs des amendements. Le président de l’Assemblée demande alors l’avis du rapporteur puis celui de la ministre. L’auteur de l’amendement peut encore intervenir pour commenter les réponses qui viennent de lui être faites.

Je découvre à cette occasion la pugnacité de Régis Juanico, député nouvellement élu de la Loire et de Sandrine Mazetier élue de Paris. Ils ne semblent pas impressionnés par les lieux et maîtrisent les subtilités de la technique. Je me rassure en me disant que Régis fut membre du cabinet d’Alain Richard quand ce dernier était ministre et que Sandrine est adjointe au maire de Paris…

Mais leur talent ne suffit pas à convaincre la droite. Le rapporteur, compétent mais décidément sectaire, émet sans subtilité des avis systématiquement défavorable aux amendements et la ministre confirme ses refus. L’ouverture façon Sarkozy s’est arrêtée aux portes du parlement !

afficheCROUS_web.jpgSur le fond, nous considérons que ce texte n’est pas à la hauteur de l’ambition affichée par le Premier Ministre lui-même. Il ne fait qu’aborder un point tout à fait subalterne : l’autonomie des universités.

Parlant de ses intentions, François Fillon avait affirmé vouloir « s’engager à rebâtir l’université française en conduisant un jeune sur deux vers un diplôme de l’enseignement supérieur ». Comment ne pas l’approuver tant notre système est peu efficace, inégalitaire et inadapté ?

Malheureusement, le texte proposé ne parle quasiment pas des étudiants. Alors qu’il y a moins d’un an, un député UMP, aujourd’hui porte parole du gouvernement, avait rédigé un rapport sur la précarité de la condition étudiante, rien n’est fait pour la combattre. Chacun se désole que 90 000 étudiants quittent l’université sans diplôme et le texte ne parle que de l’organisation interne des établissements.

A quoi cela sert-il de renforcer les pouvoirs des présidents et des conseils d’administration si les moyens ne sont pas prévus pour tenter de modifier l’existant ? L’Etat est en fait le grand absent. N’est-il pas le garant de l’égalité des chances ?

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